Pitblad de Septembre - Octobre 2026

BABEL

Je suis stupéfait par l’effroyable impuissance des hommes à être heureux ensemble. Pour s’entendre, pour se comprendre, s’aimer. La presse, la radio, et les chaînes télé, apportent quotidiennement leur dose à peu près mortelle de guerre, de violence, d’assassinat, de fraude en tout genre et de drogue. Pour s’étouffer. Les débats, les conférences, appels, protestations, manifestations, contestations ne semblent guère améliorer l’entente. Chacun à sa manière cherche à être médecin de la paix et prophète d’un monde meilleur. Personne ne semble prêt à «pardonner», à «faire la paix». Personne ne semble décidé à se corriger soi-même. Chacun veut commencer par l’autre. Chacun veut porter plainte, accuser, rendre responsable. Ainsi nous retrouvons-nous à Babel. Nous sommes possédés par l’esprit de Babel, l’esprit de confusion, de démolition, de trouble. Ne pouvons-nous pas essayer une fois de faire un peu de silence pour chercher l’esprit de la lumière, l’esprit de Dieu, l’esprit d’amour ? Si cet esprit commence à habiter et à travailler dans notre coeur, nous en cueillerons aussi les fruits. Ce sont des fruits fantastiques. Ils portent les noms suivants : amour, joie, paix, patience, amabilité, bonté, fidélité, douceur et simplicité.

                                         Jean-Paul Nachtergal

 

Pitblad de Mai - Juin 2026

Apprendre à vieillir.

Tout doucement, à partir d’un certain âge, d’autres diront d’un âge certain (86 ans dans mon cas), apparaissent de plus en plus de signes d’une diminution de nos capacités, qu’elles soient intellectuelles ou physiques. Il est vexant lorsque l’on a été un grand marcheur de s’apercevoir que l’on est dépassé par tout le monde lorsque l’on fait quelques kilomètres, il est désespérant d’oublier l’explication que l’on vient de recevoir pour utiliser intelligemment son smartphone, et découvrir que l’on a de plus en plus de difficultés à mettre ses chaussures atteint des limites dramatiques.
Oui, il faut apprendre à se limiter. Mais faut-il pour cela ne plus rien faire ? L’art de vieillir n’est de continuer à faire la même chose moins bien, en se limitant. L’art de vieillir c’est, je le pense, l’art de la résilience, c’est apprendre à faire autre chose, autrement, en regardant vers l’avenir, pour nous, pour nos enfants, pour les autres.
C’est un fait, à mon âge, nous sommes parfois dépassés par la numérisation à outrance de notre monde, par l’intervention de plus en plus inquiétante de l’intelligence artificielle. « C’était mieux auparavant… nous n’avons pas besoin de tous ces nouveaux gadgets… ». Notre jeunesse nous laisse de beaux souvenirs, mais tout était-il mieux ? Pour ne citer qu’un exemple : est-ce que c’était tellement enrichissant d’aller chercher de l’eau à la pompe publique pour ma grand-mère ? L’eau courante a des avantages dont
nous ne pourrions plus nous passer. Acceptons que nos petits-enfants nous aident (pas tout le temps) à nous accaparer le monde moderne, mais surtout faisons en sorte qu’ils aient plaisir à le faire et à nous rencontrer.
Ceci m’incite à penser au PIT. Lui aussi n’est plus tout jeune, il approche de sa 60ème année, ce qui dans ce temps passé auquel nous venons de faire référence annonçait une retraite prochaine. J’avouerai que plusieurs d’entre nous se mettent parfois à douter de l’avenir de notre communauté, de sa survie même. Nous avons fondé jadis un groupe théâtral appelé « Autre Chose ». Pour que ce groupe survive, il faudra qu’il continue à devenir « autre », pour survivre, il faudra compter sur ces jeunes qui retrouvent le plaisir de la découverte qui fut la nôtre lorsque nous nous sommes lancés dans l’aventure théâtrale. Notre communauté toute entière ne doit continuer « en roue libre ». Elle doit envisager l’avenir, apprendre à combiner l’ancien et le nouveau, à rêver d’un avenir autre, mais meilleur. C’est de cette manière que « Pacem In Terris »- « Paix dans le Monde » trouvera la confiance et la paix de l’esprit.

                                         Jean-Paul Nachtergal

Venez déguster un délicieux BBQ le 6 juin 2026 à 19h (ouverture des portes à 18h45).

Apéro, 1 brochette de boeuf & 1 saucisse, dessert, café/thé pour le prix de 25 euros!

Le paiement fait office d'inscription.

A mentionner sur le paiement: nom(s) du / des participants au compte BE05-0012705620-75 (Lefebvre-Biren)

Pitblad de Mars - Avril 2026

Pacem In Terris : croire, célébrer, se soucier des autres

Nous passons tous une partie de notre temps à réfléchir au sens de notre vie et nous en arrivons forcément à nous poser la question de l’existence de Dieu. Posée en ces termes, la question est particulièrement mal formulée, car on ne peut pas y répondre sur la base d’un raisonnement rationnel. Les disciplines concernant l’étude du monde tangible ne sont pas nécessairement accessibles à tous... Dès lors, si nous sommes doués de moyens aussi limités, pouvons-nous nous faire une opinion sur un au-delà inaccessible à nos investigations ? Se retirer au désert pour méditer dans le silence de la nuit glacée merveilleusement étoilée peut aider à percevoir la présence de Dieu s’il existe. Ce fut le cas d’Eric-Emmanuel Schmitt dans sa « nuit de feu » : il s’était éloigné du groupe de ses compagnons et s’était perdu dans l’immensité du Hoggar ! Un sentiment de paix, de bonheur et d’éternité l’a alors envahi. Athée, il se convertit au christianisme. Mais aller au désert la nuit n’est pas à la portée de tout le monde ! Alors que faire ? Pour nous qui avons grandi dans un monde empreint de la culture chrétienne et pour autant que nous soyons préoccupés par la question, il parait logique de commencer par s’en remettre, dans un premier temps, à l’origine du message chrétien et de s’assurer que Jésus-Christ est bien la personne qu’il a prétendu être, c'est-à-dire fils de Dieu, qu’il est la personne dont nous parlent ses témoins oculaires qui nous ont transmis ses paroles et ses actes, d’abord de bouche-à-oreille, et ensuite par écrit.

Et nous avons vu dans un article du numéro précédent du bulletin, que Jésus-Christ n’est pas un mythe, mais qu’il a bien existé et que sa vie fut une lutte contre maladie, la souffrance et la mort, et qu’il a bouleversé un grand nombre de ses contemporains puisqu’il s’en est suivi un mouvement qui a rayonné au Moyen-Orient d’abord, ensuite à travers l’Europe, puis dans le monde entier. Que s’est-il passé après l’horrible mise à mort de Jésus ? Ses disciples ont été pris par la crainte, ils se sont cachés ou sont retournés en Galilée. Par après, selon les textes, Jésus aurait été « vu » par de nombreux témoins et dans des circonstances variées. Pour ces témoins, ce fut d’abord l’étonnement, l’incrédulité et la crainte qui dominèrent. On pourrait objecter que ce ne furent que des visions ! Soit ! Mais le constat est là : à cause de ces « visions », les disciples craintifs se sont rassemblés à l’appel de Pierre pour se ressaisir et pour se donner du courage. Ils ont partagé le pain et le vin. Ce fut la première célébration eucharistique après la Dernière Cène. Selon le livre des Actes des Apôtres, ils renouvelèrent ces célébrations de façon régulière. Ils y allèrent parce qu’ils en avaient besoin, parce que cela leur faisait du bien, parce que cela leur donnait des forces. Et aujourd’hui encore, quand on est frappé par le malheur et que l’on est sans espoir, on se tourne vers le Seigneur. « Il ne reste plus qu’à croiser les doigts » comme on dit. Mais, faut-il attendre d’être dans le malheur pour penser à prier ? Quoi qu'il en soit : « À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » répondit Saint-Pierre à Jésus ! Ce n’est pas tout. Les chrétiens savent que le premier commandement peut être formulé autre ment : « Ce que vous ferez aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez ». Et ça, c’est une autre paire de manches ! On peut faire peu ou beaucoup pour son prochain ! Pensons à tous ceux qui ont le souci des plus faibles comme le font des bénévoles de la Communauté Pacem In Terris. Tout le monde apprécie le fait que, le dimanche matin, au foyer, l’un ou l’autre entreprend d’aller systématiquement saluer toutes les personnes présentes dans la salle. Cela témoigne d’un souci de l’autre manifeste. Pourtant, reconnaissons que ce geste simple consomme un temps précieux dans un moment de grande convivialité. Il ne requiert pas de compétence particulière mais ne semble pas aller de soi, sinon tout le monde le ferait ! Et vous, chers Lecteurs, quel est le geste que vous aimeriez poser pour faire circuler la joie, l’entraide et l’amitié dans notre Communauté ?


                                      Georgy Buxin

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Pitblad de Janvier - Février 2026

 

2025 se ferme, 2026 s’ouvre

Une page qui se tourne, un cahier qui s’ouvre.
Une page vierge à remplir, une tranche de vie à écrire, un
à-venir à vivre.
Les jours les plus courts sont passés, la lumière revient ;
la Lumière est déjà là, présente.
Avons-nous remarqué la Lumière ?
Dans les premiers jours de janvier, nous sommes encore
dans le temps béni de Noël. La naissance de Jésus, Em-
manuel, Dieu avec nous, à Noël, puis sa manifestation
au monde entier à l’Epiphanie, et enfin la déclaration
d’Amour du Père au Baptême, nous éclairent quant à la
volonté de Dieu sur le monde : en Jésus-Christ, donner
son Amour et sa Vie, pour que l’Homme soit libre pour
aimer lui-même.
Après le Baptême de Jésus commence le temps liturgique
dit ordinaire. Cette année, l’Evangile du dimanche qui
suit la célébration du Baptême de Jésus rapporte le té-
moignage de Jean le Baptiste : « moi, j’ai vu, et je rends
témoignage : c’est lui le Fils de Dieu ». Le temps ordi-
naire commence donc par l’invitation à reconnaitre Jésus
comme Fils de Dieu, et à se laisser accueillir chaque jour
par sa miséricorde : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève
le péché du monde ».
Jésus-Christ, Lumière pour le monde.
Laissons-le éclairer la page vierge de cette année qui déb-
ute ; prenons notre vie comme un stylo et remplissons la
page 2026 avec les mots d’Espérance et les gestes de Foi
et d’Amour, animés par l’accueil de Dieu et du Prochain.
Et cela vise à être très concret : un mot d’encouragement,
un sourire, une visite, une carte à un(e) voisin(e), le souci
des immigrés, le souci des jeunes : il suffit d’écouter les
appels de notre cœur aimant.
A vous toutes et tous qui lisez ce petit mot, une très sainte
année 2026, à vivre dans la Joie et la Paix.
Ah ! n’oubliez pas : transmettez aussi ces vœux à tous
ceux qui vous entourent !


                                      JMM Diacre

 

Pitblad de Novembre - Décembre 2025

Célébration eucharistique

Comment rendre l’attrait de la célébration eucharistique, comment en renouveler l’assistance ; la messe est-elle la seule célébration où nous puissions exprimer notre foi ou

trouver une réponse à nos questionnements ? Ces interrogations concernent l’ensemble des participants à nos célébrations dominicales, mais elles interpellent aussi ceux qui animent la vie sociale de notre communauté, souvent désemparés face à cette réalité.

Il n’est pas rare d’entendre des remarques ou des réserves concernant les célébrations eucharistiques, en particulier à propos de rites perçus comme obscurs, peu attrayants, et dont la forme varie selon le célébrant. Cette diversité et ce manque de compréhension peuvent constituer un frein à l’engagement. Dans un récent numéro de la revue « Feu nouveau », André Haquin aborde ces problématiques, rappelant que le Concile Vatican II a appelé prêtres et laïcs à redécouvrir la richesse de l’action liturgique, à revisiter les symboles, les chants et les lectures qui composent la célébration. Beaucoup a été fait, par exemple dans la compréhension et le choix des lectures qui étaient autrefois réservées à ceux qui maîtrisaient le latin. Cependant, ce n’est là qu’un premier pas. Mais ne s’agit pas de tout transformer ni de basculer dans l’excès : la messe ne doit pas se réduire à un spectacle cherchant des vedettes de l’animation ou du chant. La liturgie eucharistique répond à une demande explicite du Christ au soir de la Dernière Cène : « Faites ceci en mémoire de moi ».

Ces mots peuvent appeler chez nous plusieurs sentiments, tous valables, et où chacun d’entre nous peux avoir ses choix, qui peuvent d’ailleurs changer d’après les circonstances. Le principal est que chacun se sente heureux d’avoir participé à cette célébration, qu’il y trouve une aide à vivre pleinement sa foi. « Heureux les invités au repas du Seigneur ».

L’Église actuelle insiste sur la « synodalité », c'est-à-dire une assemblée où les communautés chrétiennes sont appelées à vivre en communion, où tous les baptisés et ceux qui cherchent sont impliqués, et pas seulement quelques laïcs qui entourent leur curé. Y arriver, cela nous touche tous, moi comme vous.


                                      Jean-Paul Nachtergal

 

Pitblad de Septembre-Octobre  2025 

Réconcilie-toi avec la vie

Pour être heureux un tant soit peu, pour avoir un petit bout de ciel sur terre, il faut te réconcilier avec la vie, avec ta propre vie telle qu’elle est maintenant ! Pas toujours facile, surtout si la maladie s’est installée en toi...
Il faut t’accommoder des gens qui t’entourent, de leurs défauts et imperfections. Il faut te réjouir de ton épouse, de tes amis, des personnes qui t’aiment. Il faut te contenter de ce que tu as, de ton visage que tu n’as pas choisi, de
ta maison, de ton intérieur, de tes habits, de ta situation, même si chez ton voisin tout semble meilleur et plus beau.
L’art de vieillir
Tu deviendras très vieux si ton agenda ne mentionne pas d’accident mortel, ni de crise cardiaque, ni de maladie
grave. Mais que te sert-il de vieillir si ta vieillesse t’envoie toutes les plaies d’Égypte ? Paralysie, rhumatisme, sclérose, amnésie, surdité et cécité, isolement et solitude. Les machines devenues improductives vont à la ferraille. Mais comment les gens devenus improductifs peuvent-ils rester « hommes » et être heureux ?
Cela dépend de l’entourage, de la famille, des amis et des connaissances, de la retraite et des ressources.
Cela dépend aussi pour une bonne partie de toi-même. Il te faut apprendre à vieillir ! Vieillir n’est pas une catastrophe ! Tes vieux jours ne sont pas nécessairement des jours de malheur.
Apprends à devenir vieux avec un cœur jeune.
C’est tout un art !


                            Daniel Deschrijvere