A l’écoute de notre diaspora

Il arriva le moment où ils sautèrent le pas et s’éloignèrent.
Le plus souvent leur décision, difficile à prendre, se justifiait pour des raisons familiales, le rapprochement avec le lieu de vie de l’un ou l’autre de leurs enfants en étant la principale.
Ainsi, çà et là, une diaspora beauvaloise se constitua petit à petit.
Elle concernait, dans la toute grande majorité des cas, des pensionnés encore alertes qui avaient porté, quelques années auparavant, les prémices de Pacem in Terris.
Les jeunes, quant à eux, étaient déjà partis pour des raisons sentimentales couplées ou non avec des exigences professionnelles.
En fait, cette photographie locale ne diffère guère des mouvements connus ailleurs parmi des populations que les événements réunirent et soudèrent.
Sauf que, chez nous, ils prennent des airs de diaspora. Et celle-ci a des choses à nous dire!
On la rencontre de temps en temps, le plus souvent à l’occasion du décès de l’un de ces anciens.
Je vous confesse qu’il m’a fallu attendre les funérailles de Jean Dewandre le 8 avril dernier pour que le déclic s’opère en moi tant sa réalité sautait aux yeux.
Déjà sur le parvis de l’église de Pétigny les affinités revenaient au grand galop, comme si on s’était quitté d’hier.
Elles se précisèrent encore, tant sur le chemin du cimetière que durant la collation de clôture.
Ceux que nous retrouvions n’avaient rien oublié de leur fréquentation du PIT.
Même les «jeunes» d’alors aimaient rappeler qu’ils bénéficient encore aujourd’hui des traces que cette époque a laissées en eux.
Bien sûr, comme toute diaspora, la nôtre a tendance à figer l’évolution sur le modèle de celle qui existait au moment des départs. Certes le bulletin, ils en sont friands et le lisent maintenant en ligne, tient ceux qui sont partis au courant de ce qui se vit ici.
Mais, n’y étant pas mêlés directement, ils ont tendance, et nul ne pourrait leur en tenir rigueur, de décrypter l’information en la rendant plus épurée par une analyse qui ne reflète pas tout à fait la réalité que les soubresauts de la vie en groupe peut rendre bien différente.
Mais, après tout, pourquoi n’en tirerions-nous pas l’une ou l’autre idée bonne à approfondir.
N’avaient-elles pas fait, en leur temps, la preuve d’une pertinence éprouvée?
Parmi elles, il en est une que l’auteur de l’article «Une page de notre histoire» rappelait dans le bulletin du mois passé.
Il évoquait «la tolérance des uns, la courtoisie et le fair-play des autres…».
Les membres de la diaspora mirent ces principes en œuvre lorsqu’ils vivaient près de nous au point d’en faire les fondamentaux de ce qu’ils ont construit.
Il nous revient de les entretenir pour qu’ils deviennent notre ADN. Et de les répandre autour de nous afin que la jeune génération, notre relève, puisse en connaître les bienfaits.
Et, tant qu’à faire, n’est-il pas urgent d’en être les porte parole en dehors de nos murs?
En apportant ainsi notre quote-part pour soigner les maux qu’endure notre société, voire des proches voisins peut-être?

Claude Eugène
 

Larmes de femmes

Chers lectrices et lecteurs attentifs, assidus et sympas
En ce joli mois de mai qui commence, en guise de page éditoriale, je ne pouvais m’empêcher de mettre les mamans et les femmes à l’honneur.
Mon épouse m’a fait découvrir un texte que je me suis décidé de vous faire connaître…

Daniel Deschrijvere

Un petit garçon demande à sa mère : « Pourquoi pleures-tu ? » Par ce que je suis une femme » lui répond-elle.
« Je ne comprends pas » dit-il. Sa mère l’étreint et lui dit « Et jamais tu ne réussiras. »
Plus tard le petit garçon demanda à son père « Pourquoi maman pleure-t-elle ? » Je ne comprends pas !
« Toutes les femmes pleurent sans raison » fut tout ce que son père put lui dire.
Devenu adulte, il demanda à Dieu : « Seigneur, pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ? » et Dieu répondit : « Quand j’ai fait la femme, elle devait être spéciale. J’ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde ; et assez douces pour être confortables.
Je lui ai donné la force de donner la vie et celle d’accepter le rejet qui vient souvent des enfants.
La force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne.
La force de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et la fatigue.
Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts et de demeurer à ses côtés sans faiblir.
Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le besoin.
Tu vois mon fils, la beauté d’une femme n’est pas les vêtements qu’elle porte, ni dans son visage, ou dans la façon de se coiffer les cheveux.
La beauté d’une femme réside dans ses yeux.
C’est la porte d’entrée de son cœur, la place où l’amour réside.
Et c’est souvent par ses larmes que tu vois passer dans mon coeur   

« Auteur inconnu »

ET TOUT CELA DANS UNE EGLISE !!!

Lorsque vous lirez ce bulletin, l’équipe théâtre aura redonné à la salle son aspect habituel.
A ce propos, savez-vous que ce groupe fut crée en 1982 ? En 33 ans d’existence, et compte tenu d’une «année sabbatique» en 1991, elle a présenté sur cette durée , le même nombre de pièces.
Toutefois, en longévité, elle se fait battre sur le fil par le théâtre des enfants créé un an avant elle.
Le théâtre n’est donc pas un nouveau venu dans le paysage de Pacem in Terris.
Bien plus, dès le moment où les entrées dégagèrent des bénéfices, «Autre Chose» en mit, chaque année, une partie importante à la disposition de l’asbl pour l’amélioration du confort du bâtiment et particulièrement de celui de la grande salle.
Et comme les dates des spectacles coïncidaient avec celles du Carême, une belle initiative vint s’y ajouter.
Des dames eurent la bonne idée de vendre à l’entracte des sandwiches et des parts de tartes au point de prendre une place appréciable dans les beaux résultats affichés par le Carême de Partage en faveur de l’hôpital de Yasa Bonga en RDC.
Et c’est encore sans compter le chiffre réalisé par le Foyer qui refuse du monde durant les entractes (voire même après…). Ainsi, ne fut ce que sur le seul plan de la saine gestion générale, les activités théâtrales devinrent incontournables.
Et tout cela dans une église ?
Cette remarque a certainement envahi plus d’un de nos visiteurs dominicaux occasionnels.
Quant aux autres, et vous êtes de ce nombre bien sûr, ils ne s’en offusquent guère.
Ils ont la bonne attitude qui ne fait que correspondre à la réalité administrative.
Car notre salle n’est pas une église et la croix accrochée à la façade du bâtiment n’a pas valeur probante à cet égard ;
il s’agit tout bonnement d’une «salle polyvalente».
Entendez par là qu’elle peut être affectée à des usages divers, dont le culte, pour autant bien sûr que les statuts de l’asbl ne les excluent pas.
Cela étant dit, rien n’empêchera d’apprécier la grande ouverture d’esprit témoignée tant par les prêtres que les laïcs qui, certains dimanches, célèbrent dans un environnement pour le moins inhabituel.
Et comme aime le rappeler le concepteur du bâtiment, s’il n’en n’était pas ainsi, cette église serait la seule au monde pour compter dans ses murs un monte-charge destiné à y monter des bacs de bière…
Ce n’est pas une église, mais on y «fait église» de multiples façons même inattendues.
Là se cache l’une de nos richesses qu’il nous faut choyer comme le plus précieux des trésors.

Claude Eugène

Un grand moment de vie et de solidarité

«Convertis-toi et crois à l’Evangile». Pendant 40 jours, jusque Pâques, nous sommes appelés en effet à prendre du recul avec ce qui fait le quotidien de nos vies, à descendre en nous-même, à faire le point et à réajuster nos comportements afin qu’ils soient plus en harmonie avec ce qui est important pour nous, sous le regard bienveillant de Dieu et en nous laissant vraiment habiter par l’Evangile.
Cette période de Carême peut être un beau chemin de vie, un chemin qui tente de réorienter notre vie dans une
perspective d’authenticité, de cohérence, mais aussi et surtout de partage et de solidarité.
Se révéler à soi-même, révéler un sens à notre vie, se donner une direction et l’élargir aux dimensions de celles et ceux que nous rencontrons et qui ont peut-être besoin de chaleur humaine, d’écoute, de compréhension, mais aussi d’aide concrète.
Prendre conscience positivement de tout ce que nous propose ce temps de Carême n’est donc pas peu de choses.
Tout autour de nous, nous sommes aussi souvent invités à participer à des sessions de développement personnel, de relaxation, de weekends de silence, ... qui rencontrent d’ailleurs énormément de succès auprès de nos contemporains. Sans nécessairement les juger négativement, il serait peut-être bon de nous demander dans quelle mesure la lecture de l’Evangile pourrait nous fournir des clefs essentielles d’un renouveau pour nos vies et pour la vie de ce monde.
Donner du sens et une direction à notre existence humaine, mais aussi baliser des pistes pour passer à l’action, seul ou avec d’autres, au service de nos frères et sœurs souffrants ou persécutés, et le monde nous présente plus que jamais à ce sujet des perspectives innombrables …
C’est vrai, le chantier est vaste et les ouvriers sont peu nombreux, mais nous pouvons certainement, là où nous sommes et avec nos moyens, aider, soulager et réconforter.
Et l’aide que notre communauté apporte à l’hôpital de Yasa Bonga est tout-à-fait à notre portée, à portée de cœur et de réalisation.
Prendre nos frères et sœurs de Bonga par la main et faire tout ce que nous pouvons pour répondre à leurs attentes et à leurs besoins, ne serait-ce pas cela un des grands moments de vie et de solidarité de ce Carême ?

Pol Bréda

JE SUIS ...

Le slogan a envahi le monde en un déclic.
Tiens, à son propos, vous avez remarqué, sans doute, qu’il se conjugue à la première personne du singulier.
Et que son temps n’est ni le futur, ni le conditionnel et encore moins l’imparfait, mais le présent.
Alors dans sa foulée, posons-nous la question que cette affirmation semble supposer: me concerne-t-elle?
Même si très probablement, les lecteurs de ces lignes, comme son auteur du reste, n’ont jamais eu en mains le journal. Pas plus qu’ils ne connaissent les dessins des caricaturistes assassinés dans leur bureau, à Paris.
Eh bien oui, dans tout cela, J’en suis où? Le moment est venu, permettez-moi d’en écrire ma conviction pro- fonde, de faire en quelque sorte un état des lieux de mon esprit de tolérance, ce ciment indispensable au «vivre ensemble» tellement nécessaire dans la société que nous connaissons.
Et si ce bilan fait entrevoir des lacunes, il faut se convaincre qu’y remédier n’a rien d’anecdotique.
Au contraire, cette courageuse remise en question, surtout si elle se multiplie auprès d’un grand nombre, constituera un bouleversement réel dans le climat perçu par ceux qui, à tort ou à raison, se sentent «étrangers», alors qu’ils sont belges comme vous et moi pour la plupart.
Mais tout ce qui les entoure leur donne ce sentiment d’être exclus, voire dénigrés par des regards hostiles ou, le plus souvent, par des paroles (ah, ce prétendu humour qui envahit la toile) échangées entre soi.
La tragédie parisienne ME met, NOUS place devant MES, NOS responsabilités.
Chacun peut et doit agir, à son niveau, pour que de pareils actes ne se reproduisent plus.
Et JE, et NOUS pouvons y arriver par de multiples façons. Et cela existe. Un exemple…
En décembre dernier, les caméras du JT de la RTBF filment, en illustration du thème des difficultés rencontrées par ceux qui vivent à la limite ou sous le seuil de pauvreté.
La scène se passe dans un quartier d’une commune bruxelloise où habite une population appelée pudiquement «précarisée». Ce qui signifie que le moindre accident de la vie la pousse au bord du gouffre.
La crise l’y a amenée et ce qui s’annonce ne fera qu’aggraver les choses.
Or déjà, ces personnes, le plus souvent des familles, doivent chaque mois choisir entre le loyer, les taxes, le chauffage, les soins médicaux. Quant à la nourriture, il n’y a souvent pas d’autre possibilité que de diminuer les portions.
Et malgré tout, certaines semaines cette restriction qu’elles s’imposent est encore insuffisante.
Alors, il faut bien se résoudre à solliciter un crédit auprès du commerçant voisin, comme ce boucher que le journaliste interroge. Lorsqu’il lui demande s’il lui est arrivé parfois d’accepter un paiement ultérieur, il répond simplement:
« les achats de certains deviennent de plus en plus limités, alors un jour ils osent. Vous comprenez, ils ont quand même une famille à nourrir».
Et le journaliste de conclure par: « et quand serez-vous payé?». Avec un sourire le boucher répondit:
« plus tard, peut-être». Il me semble avoir aperçu le mot «hallal» affiché sur la vitrine…

Claude Eugène

Vitrail pour l’An neuf

Tu m’offres cette nouvelle année, comme un vitrail à rassembler avec les 365 morceaux de toutes les couleurs qui représentent les jours de ma vie.
J’y mettrai le rouge de mon amour et de mon enthousiasme, le mauve de mes peines et de mes deuils, le vert de mes espoirs et le rose de mes rêves, le bleu ou le gris de mes engagements ou de mes luttes, le jaune et l’or de mes moissons… Je réserverai le blanc pour les jours ordinaires et le noir pour ceux où tu seras absent.
Je cimenterai tout par la prière de ma foi et par ma confiance sereine en toi.
Seigneur, je te demande simplement d’illuminer, de l’intérieur ce vitrail de ma vie, par la lumière de ta présence et par le feu de ton esprit de vie.
Ainsi, par ta transparence, ceux que je rencontrerai cette année, y découvriront peut-être, le visage de ton Fils bien-aimé Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen. (Gaston LECLEIR,« Rythmes et spirales vers Dieu » Editions du Moustier -1995-pg 80) Que nous réserve l’année qui vient comme rencontres et partages ?
Ce ne sera certainement pas au PIT le déploiement de festivités et d’ambiances diverses qui manqueront de nous rendre plus disponibles à l’écoute de l’autre et peut-être du Tout –Autre …
Rencontrer l’autre peut nous rendre plus heureux et plus confiants en nous-mêmes.
Rencontrer le « Tout-Autre », nous renforce dans notre spiritualité.
Le choix nous est offert sans aucune discrimination et en toute liberté !
L’important est de se sentir bien, là où nous sommes, et avec ce souci d’être le messager de paix pour laquelle notre Communauté s’est construite… Bienvenue aux nouveaux membres et bonne continuation aux anciens…

Daniel Deschrijvere

UN MOT POUR LE DIRE . . .

D’aucuns ne manqueront pas de s’interroger! Compte tenu de son évolution, ne conviendrait-il pas de nommer autrement Pacem in Terris que par «communauté», mot auquel s’ajoute immanquablement, en sous-entendu souvent, le qualificatif de «chrétienne»?
Pourtant, un fait avéré, Pacem in Terris n’échappe pas à une diminution importante de la fréquentation dominicale.
A l’une ou l’autre exception près les assemblées sont essentiellement composées de seniors.
Certes, et l’on doit s’en réjouir, les messes en familles mensuelles atténuent ce constat.
Il n’empêche que la question soulevée plus haut mérite qu’on s’y attarde en la complétant, à titre subsidiaire, par une autre en se demandant s’il ne faudrait pas comme, en quelque sorte, débaptiser ce mot de «communauté»?
A défaut de pouvoir compter sur l’assistance d’un linguiste, aidons-nous donc de quelques dictionnaires (ils seront quatre). Ils s’accordent tous sur une définition présentée par «Le Robert» comme «… groupe social dont les membres vivent ensemble ou ont des biens, des intérêts communs».
On rattachera l’un ou l‘autre de ces trois éléments à certaines catégories de communautés comme les communautés religieuses, les communautés d’actionnaires, les communautés matrimoniales ou, plus récemment sur le plan sociopolitique, les communautés urbaines.
Il n’est donc pas erroné de parler de communauté lorsqu’il s’agit de PIT.
Mais n’allons pas trop vite en besogne en voulant conclure car correspondre à la définition suppose aussi qu’on en discerne ses contours.
La communauté telle que nous l’entendons est, en raison de sa composition même, de nature fragile.
On remarquera que le projet PITAGORA a, entre autres, pour objectif d’apporter à cet égard une consolidation.
Elle commence à se construire. Il faut dès maintenant se persuader de l’impérieuse nécessité d’y arriver malgré les difficultés.
Car si une certaine hiérarchie existe dans cette communauté (ah ces casquettes, souvent multiples, coiffant certaines têtes blanches!) elle repose exclusivement sur le service rendu à l’ensemble.
Cette hiérarchie entretenue par les habitudes porte en elle sa propre faiblesse dès lors qu’elle ne suscite pas une prochaine relève. En effet, celle-ci deviendra à bref délai une condition sine qua non à la pérennité d’un groupe et plus largement de la communauté dans son ensemble.
Sans pour autant sonner le tocsin il ne faut pas se voiler la face et constater que PIT rentre de plain-pied dans ce cas de figure. Mais, nonobstant ses faiblesses, la communauté telle que nous l’aimons recèle mille et une richesses.
L’une d’elles vient spontanément sous la plume tandis que la préparation du Noël XXL 2014 commence.
On y verra une mobilisation générale, toutes tendances et opinions confondues, pour célébrer dans un coude à coude fraternel la Fête qui vient.

Claude Eugène

Mourir est un chemin quotidien…

«C’est une erreur de croire que l’on ne meurt qu’une fois. Mourir est un chemin quotidien. Sans mourir, l’homme cesserait d’être un homme. »
Jean Debruyne
La « mort » ne nous est pas étrangère dans notre vie de tous les jours.
Elle est partout, dans nos choix, comme lorsque nous quittons père et mère pour construire notre propre route; comme dans notre travail, lorsque nous pensons trouver d’autres possibilités d’embauche ; comme, dans nos relations humaines, lorsque des circonstances imprévues nous conduisent à déménager, en quittant nos amis pour en trouver d’autres…
Ces formes de mort nous enseignent que tout est recommencement et que tout est possible.
Commencer à aimer c’est commencer à mourir. La mort nous vient avec l’amour…
A l’exemple de Jésus-Christ, mourir est une tâche qu’il faut accomplir.
Nous ne sommes que de passage sur terre. Apprenons à mourir si renaître c’est laisser derrière nous tout ce que nous avons apporté de meilleur. Nous n’avons aucune expérience de la mort qui arrête le temps.
Quand survient l’heure immobile, même la personne âgée ne pourra plus dire : « de mon temps… ».
Elle est, à cet instant, aussi inexpérimentée qu’un nouveau-né.
Or, suis-je assez libre, dans l’amour, pour réaliser la mort d’un autre comme un rappel de ma propre fragilité et pour anticiper ma mort à travers celle de l’autre ?
Mourir ne serait-ce pas l’appel à sortir de soi ?
A déposer ses certitudes, à libérer cet autre soi-même que personne ne connaît encore ?
Mourir est alors le contraire de la possession, de la jalousie, de l’instant, et du coffre-fort.
Mourir ouvre une brèche dans chaque existence. Et par cette brèche fait irruption l’Inconnu : à chacun est révélé ce qu’il est.

Daniel Deschrijvere

A MOINS QUE ? ? ?

Les rodomontades politiciennes dont nous ont gratifié les mois d’été prêteraient à sourire si, comme un contraste voulu, elles ne s’inscrivaient pas comme une forme d’indécence eu égard aux conflits qui déchirent la planète.
Alors que les images diffusées par les médias en donnaient des échos quasi quotidiens.
En culminant dans la plus horrible des barbaries par les assassinats des deux journalistes américains, et du travailleur britannique (à l’heure où je rédige ce billet cette macabre énumération risquait hélas d’encore s’amplifier), ces témoignages photographiques résumaient, plus que des commentaires qui finissent par les banaliser, les drames qu’endurent les populations civiles des pays en proie à la violence des hommes.
Comme celle de cette syrienne, tenant par la main ses deux enfants s’en allant sur une route improbable d’un exil; ou celle d’une femme de la minorité yazidi d’Irak, à bout de forces, portant son fils et fuyant les djihadistes de l’Etat islamique.
Et deux autres encore l’une prise à Gaza et la seconde dans l’est de l’Ukraine, avec pour chacune, comme si l’une n’était que la copie de l’autre, l’image d’un vieillard perdu au milieu des ruines de sa maison bombardée.
Qu’en dire et que faire sinon éprouver une compassion sincère envers les victimes ?
A moins que ??? Comme ce qu’écrivait cette jeune belge à l’issue d’une expérience vécue en Israël, dans un petit village au double nom, hébreux et arabe, Neve Shalom - Wahal-al-Salam, fondé par quelques familles de ces deux communautés. Elle concluait son témoignage en affirmant que le vivre ensemble s’apprend, que chez nous aussi il n’est pas absurde de penser que ce qui nous rapproche des gens qui nous sont différents est plus important que ce qui nous sépare.   Et de prôner encore la complémentarité plutôt que l’hostilité.
Car, terminait-elle, si nous n’essayons pas, qui le fera ? Ou comme Ahmed Ben Abderrahman; hôtelier dans le centre de Bruxelles.
Depuis plus de 20 ans il héberge parmi ses clients une quarantaine de sans-abri et, à cet effet, réquisitionne d’office 18 chambres parmi les 52 que compte son établissement.
Et durant l’hiver il distribue chaque jour. 130 repas. Pourtant il ne bénéficie d’aucune aide de l’état et avoue simplement que «leur apporter me comble largement».
Et quant à nous, nous pourrions déjà par exemple, à défaut d’ouvrir nos portes, commencer par ouvrir notre cœur ?

Claude Eugène

Fichier

Vivre ensemble, un défi pour notre rentrée…

Comment pourrions-nous rester insensibles à toutes les nouvelles reçues durant ces deux mois d’été ?
Le rythme de ces derniers jours de vacances nous aurait-il rendus plus attentifs à ce qui se passe dans le monde et autour de nous ? Quelle sera notre attitude face aux informations envoyées de toute part, qu’elles soient politiques, culturelles, cultuelles ou sociales ?
Chaque homme est un monde à soi ; il vit, sent, pense et réagit d’après son monde propre, dont le centre profond me demeure toujours étranger !
Les hommes se créent presque nécessairement des ruptures, frictions et collisions.
C’est seulement si je comprends que l’autre est « autre » et si je suis disposé à pardonner que « vivre ensemble » sera possible. Le vivre ensemble, c’est ce que je vous propose comme défi pour cette nouvelle année pastorale.
L’exemple frappant en ce début d’été, prouvant que tout est possible, c’est notre équipe nationale de football !
A l’image de ces jeunes joueurs, nous pouvons reprendre espoir pour notre avenir.
Cette équipe qui a rassemblé toute une population jeune et moins jeune, d’origines et de religions différentes, tous derrière ce drapeau belge que nous avons vu fleurir sur les façades comme jamais, sans doute depuis notre libération ! Nouvelle année pastorale, nouveaux défis et nouveau départ sur le chemin de la catéchèse… que nous préciserons dans les prochaines pages communes.
Nous pourrons aussi faire le bilan de nos deux ADAL, et sensibiliser davantage ce goût du partage, de la prière, de la compréhension de la Parole.
Tous les baptisés peuvent être appelés à présider de telles assemblées.
Leur apprentissage ‘sur le tas’ est nécessaire. Avec ou sans prêtre, Christ est présent là où deux ou trois s’unissent en son nom et mettent en œuvre ‘le Royaume’, une terre de liberté, d’écoute, de partage et de fraternité.
Poussé par ce désir, je vous souhaite une bonne rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle ou autres.

Daniel Deschrijvere

Confidences...

Le bulletin que vous tenez en mains n’est pas né d’hier; son histoire remonte aux origines mêmes de Pacem in Terris. Depuis le début, ses rédacteurs ont veillé à ce qu’il reflète la vie et donc les changements survenus dans l’évolution de ce groupe qu’on qualifia de «communauté», terme qui, il faut le souligner, n’a rien de religieux.
Aussi y ajoutèrent-ils souvent le qualificatif de «chrétienne». En septembre prochain il y aura déjà un an qu’est parue la nouvelle présentation du bulletin née du projet PITAGORA.
Un coup d’œil dans le rétroviseur nous révèle que ce projet commença à dessiner les contours d’un changement dans le paysage. Pour faire bref, il y eut tout le chemin parcouru qui déboucha sur ce terme pas si barbare que cela en fait. L’évolution de la société et de notre environnement devait impérativement donner une nouvelle impulsion à l’esprit de Pacem in Terris pour pérenniser l’avenir.
Et pour cela, en s’aidant des moyens techniques actuels, permettre à quiconque de trouver chez nous ce qu’il cherche, un lieu de culte pour certains, mais pour tous un lieu de rencontres, un lieu d’accueil, de dialogue et d’écoute dans le respect de nos valeurs premières.
A l’annonce du déménagement de Christian Delvaux qui s’était engagé à porter le bulletin jusqu’à son numéro de juillet 2013, une cellule «communication» fut constituée.
Elle dessina les bases d’une présentation nouvelle du bulletin qui devait fixer le cadre du projet Pitagora.
Et d’emblée il fut entendu qu’elle serait supportée par un graphisme invitant à la lecture et donc, à cet égard,qu’il serait fait appel aux compétences locales. Il faut souligner que les personnes sollicitées pour tenter l’aventure répondirent toutes par l’affirmative.
Et l’on trouva Bernard François à la conception, Annie Wisemberg à la réalisation, Marc Wattel à la mise en ligne et Jocelyne Toth comme secrétaire à la chasse aux articles et à la relance de leurs auteurs.
L’armature technique de l’équipe bulletin était ainsi constituée. Elle se compléta de Nathalie Borremans qui représente l’équipe pastorale locale, Gilbert Amerlynck l’éditeur responsable et l’auteur de ces lignes pour le conseil d’administration de l’asbl. Mais très vite l’accident de Bernard vint hypothéquer le devenir de la belle construction.
Heureusement durant la longue immobilisation du blessé, Annie put compter sur l’aide de Laurent Parisel qui étudiait précisément le logiciel choisi par Bernard et sur celle d’Eric Deschrijvere qui l’avait utilisé à titre professionnel.
C’est ainsi que, bravant tous les obstacles, sortait, comme promis, dans les temps,début septembre, le bulletin dans sa nouvelle tenue. Sachant qu’il faut toujours remettre sur le métier, il faut dire et redire que la belle robe ne suffit pas; encore faut-il que le contenu soit à l’avenant. Tous les lecteurs doivent se considérer comme étant parties prenantes.
Il faut dire et redire qu’il n’est pas la chasse gardée de quelques-uns pas plus que l’un ou l’autre ne détient le monopole de certaines rubriques. Sa diversité attendue et souhaitée dépend de vos plumes multiples qui tardent parfois à sortir de leur étui. Ces collaborations justifieront alors en outre pleinement l’étiquette de «communauté vivante» que d’aucuns nous attribuent volontiers.
Profitez donc du soleil d’été (ou de ses jours de pluie c’est selon…) pour, à votre tour, tenter l’expérience.
Et vous découvrirez une autre façon de vous mettre au service de tous.

Claude Eugène