Retrouver le chemin de Vie

Dans les deux précédents bulletins, Daniel et Claude nous invitaient à aller voir de l’autre côté de nous-même et à oser accomplir un premier pas. Et l’Epiphanie nous a provoqué à l’aventure, à suivre l’étoile, à chercher Dieu.
Tout sauf du sur place ! Pas de répit. Voici le Carême.Convertis-toi et crois à l’Evan- gile !
C’est ce que nous entendrons au moment de l’imposition des cendres.
Change ton cœur et laisse toi habiter par l’Evangile ! Il n’y a pas si longtemps, nous célébrions Noël et l’Epiphanie et nous voici déjà au début du Carême.
Cela fait beaucoup Seigneur ! Un peu de calme ne ferait pas de tort … Vive la tranquillité !
C’est vrai que beaucoup de choses se bousculent autour de nous. Nous sommes choqués, meurtris par la violence, l’injustice et les valeurs qui s’étiolent.
Et nous nous sentons tellement démunis face à tant de problèmes à résoudre … Qu’y pouvons-nous ?
Eh bien justement, le premier geste qui sauve en ce début de Carême, ne serait-il pas de prendre le temps de se (re)poser, de faire un interlude pour prendre de la distance avec ce qui fait le quotidien de nos vies, nos habitudes,
le brouhaha du monde qui nous environne, pour descendre en nous-même, faire le point et réajuster nos comportements avec ce qui, pour nous, est important ?
Et ce moment de calme pourrait alors devenir un vrai moment de vie, un moment de vérité avec nous-même, un point de départ pour une vie plus authentique et signifiante, délivrée des milliers de choses qui nous encombrent.
Et puis, nous pouvons faire confiance à la vie et au monde qui nous entoure.
Nous allons repartir de plus belle par la suite. Mais peut-être que nous aurons retrouvé alors un peu plus de lucidité et de profondeur, davantage de sérénité et de bienveillance avec nous-même et les autres, un temps propice pour être à l’écoute de Dieu.
C’est sans doute cela retrouver le chemin de vie, celui que nous chuchote le Seigneur, en nous proposant entre autres, pour nous aider tout au long de ce chemin, la prière, sa Parole vivante, le partage fraternel, l’engagement pour la paix et la justice, avec comme engrais naturel et vivant l’amour pour nos frères et sœurs, quels qu’ils soient.
Retrouver le chemin de vie, n’est-ce pas donc aussi aller voir de l’autre côté de nous-même en accomplissant un premier pas sous le regard de Jésus ?

Paul Breda

Un premier pas...

Zone de transit, aéroport Atatürck d’Istanbul, 4 octobre 2015. Une foule bigarrée envahit les espaces réservés aux voyageurs en attente dont un grand nombre porte une tenue blanche.
Elle témoignait que celle ou celui qui la porte venait d’accomplir le dernier pilier de l’Islam, le pèlerinage à la Mecque, le Hadj. Ces voyageurs, des seniors pour la plupart, formaient des petits groupes devisant paisiblement.
Depuis un moment, je percevais quelques signes de nervosité parmi nos compagnons d’un beau voyage.
Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour qu’une dame ne s’écrie: «Vous voyez ce qui nous attend!».
Un monsieur qui, ces derniers jours, avait déjà tenu des propos en disant long sur sa tolérance, maîtrisait difficilement sa colère. L’affaire fut loin de s’arranger au moment de l’installation dans l’avion vers Bruxelles; le blanc ne passait pas inaperçu… Comble d’ironie, notre homme se vit attribuer comme voisin de siège un pèlerin âgé serrant contre lui un Coran. Pas question de solliciter une autre place, l’A320, affichait complet.
Je pressentais l’incident en cours de vol. Il ne vint cependant pas.
Au contraire car, après de timides approches, je surpris ces voisins improbables réunis dans des échanges qu’ils agrémentaient de grands sourires… Des petits pas sur un bout de chemin qu’aucun d’eux ne s’imaginaient pouvoir réaliser. Les événements dramatiques qui endeuillèrent l’année 2015 nous poussèrent parfois à soupirer «à quoi bon…». Il y eut pourtant des humains «phares» dans la tempête; ils tracèrent des voies vers la réconciliation.
Il y eut le père d’Ismane Jarfi, ce jeune homme victime de la folie homophobe.
Malgré sa souffrance et tout rejeter, il créa une association portant le nom de son fils pour semer la tolérance parmi ceux qui la rejettent. Ou encore Ismaël Saidi (l’auteur de la pièce Jihad qui fait un vrai «tabac», 40.000 spectateurs, un nombre sans doute déjà dépassé).
Son livre «Les aventures d’un musulman d’ici» est un vibrant plaidoyer, éclatant de vie et d’humour, en faveur d’un vivre ensemble fondamental. Et encore, il y eut en TV l’ultime émission « Noms de dieux». Edmond Blatchen y avait invité Latifa Ibn Ziaten, la maman d’Imad, le militaire français mort sous les balles de Mohamed Mehrat.
Cette grande dame ne s’est pas barricadée derrière la haine. Elle alla vers les racines du mal, les lieux de vie du terroriste. Il fallait le talent de ce présentateur pour faire de cette rencontre un moment d’une intensité rare.
A son issue une interrogation surgissait: n’ai je pas, moi aussi, ma part à prendre? L’année passée, un membre de ma famille écrivait ces vœux: «Menaces d’orages forts? Sortirons-nous la tête haute pour affronter les rafales ? Là où nous sommes nous le déciderons à l’image de la lumière née un 25 décembre et toujours en marche pour une année fraternelle et solidaire».

Claude Eugène

De l’autre côté...

De l’autre côté de moi, j’ai rendez-vous avec un autre.
De l’autre côté de moi, celui que je ne connais pas. Il est toi, il est moi, il est nôtre, il va venir et je l’attends, il a les yeux d’une rivière, il ne compte jamais le temps qu’il met tout devant derrière.
Les étoiles ont un jardinier qui me dira où il demeure.
Je l’attendrai sous le figuier et nul ne sait ni le jour ni l’heure.
Il va venir comme la faim. Il n’est pas né dans une église. Il sert la paix comme du vin et chacun en boit à sa guise. Il va venir quand vient la nuit, enfant de paille, enfant de sable.

Il ne fait jamais aucun bruit, il entre toujours par l’étable. Il est toi, il est moi, il est nôtre… Jean Debruynne

A ma naissance je ne suis pas arrivé sans rien, ni tout neuf. Il m’est difficile de l’accepter, mais je n’avais pas tous les possibles ; j’étais déjà façonné, marqué, imprégné, orienté.
Pourquoi dès-lors parler d’égalité des chances alors que nous savons bien que tout était déjà « programmé ».
A ma naissance, de par mes parents, j’étais déjà habité, cultivé, éduqué. Avant même d’entendre, j’avais déjà entendu dire. Avant même de vivre, j’étais déjà dans un savoir-vivre, j’étais précédé.
Je suis arrivé dans une parole, sur Dieu et sur l’Homme, sur les choses et sur le monde.
Je me suis fait une place dans cette parole. Je me suis glissé dans ce déjà-là.
Mais dans ma vie, ce déjà-là peut être miné, meurtri, blessé, découragé, usé…
C’est alors qu’a surgi une Parole émerveillée…
Inspiré d’un texte de Jean Debruynne

Daniel Deschrijvere

TRACES…


Une armoire du studio renferme, bien rangés comme à la parade, une suite de classeurs. Leur contenu a son importance car ce n’est rien d’autre qu’une part de notre histoire.
Les bulletins y sont conservés, depuis les premiers numéros qui, au début de Pacem in Terris, tenaient en en une
feuille ou deux jaunies par le temps et «stencilées» avec les moyens du bord.
Et cela, sans interruption de la série, jusqu’à l’exemplaire que vous tenez aujourd’hui entre les mains.
Presque une histoire de l’évolution de l’impression en un demi siècle.
Ouvrons l’un de ces classeurs et feuilletons au hasard.
Très vite une impression se dégage. En effet, dès les premiers balbutiements de cette communauté naissante, il saute aux yeux que le souci des rédacteurs se portait sur une orientation première: coller au plus près à ce qui se passe dans la (ou les) tente(s) et ensuite dans le bâtiment dont le bulletin ne manquera pas de suivre les étapes de la construction. Ainsi, au fil des années consultées, l’incessante poursuite de cet objectif permet de se faire une certaine idée en 50 ans, ou presque, de la vie d’un groupe.
Certes, dans ce parcours, tout ne fut pas linéaire ; on y trouvait dans les échos rapportés parfois un peu de tout, sans que cependant la ligne de conduite générale ne s’écarte de la priorité donnée au vécu.
La nouvelle équipe de rédaction, en suivant cette voie, n’invente donc rien, mise à part l’adhésion à l’esprit défendu par le projet «Pitagora» dont nous avons déjà souligné l’importance.
Evidemment cette «ligne rédactionnelle» ne cherche guère la facilité et a ses exigences dès lors qu’elle cherche à donner mensuellement une photographie la plus fidèle possible des événements vécus ou à vivre intra muros.
Et cela dans ses deux aspects «cultuels» et «culturels», ces termes devant être compris dans leur sens le plus large. Exigence aussi car cette même ligne ne peut se concevoir sans l’intervention du plus grand nombre.
Ou, pour faire bref, que tout soit «fait maison».
A ce propos, l’archiviste des temps futurs qui se plongerait dans l’étude scientifique de ces classeurs ne manquera pas de relever qu’apparaît de façon récurrente un appel à des articles rédigés par les lecteurs.
Rien n’a décidément changé au cours de ces années car, aujourd’hui encore, les plumes demeurent paresseuses.
Le problème va même s’aggraver sous peu ; Patricia terminera en décembre le compte-rendu, commencé dans
le numéro de septembre 2014, d’un voyage en Inde sur la trace de nos pionniers.
Et, conjointement, Victor mettra fin à la série des «Cela s’est passé près de chez vous» qui débuta en janvier 2013.
Qu’ils soient remerciés pour ces intéressantes rubriques dont l’absence créera un vide qu’il faudra combler si l’on veut que le bulletin tienne le cap.
La poursuite de cet objectif sera rendu plus aisé, nous l’espérons du moins, grâce au «Code de bonne pratique à l’usage des collaborateurs du bulletin» que vous lirez en page 7.
Nous l’avons mis sur le métier il y plus d’un an et, en interne, il a fait l’objet de plusieurs ajustements.
Mais, je ne vous apprends rien, un code souffre du même défaut que les produits informatiques : au moment où ils apparaissent ils sont déjà dépassés…
Il évoluera donc sans doute encore.
Ainsi, le «Pitblad» continuera à remplir au mieux le rôle qu’il s’est fixé depuis ses premières pages, celui d’être un outil fidèle au service de Pacem in Terris.

Claude Eugène

La rentrée pastorale : en faire sa fête !

Ceci est un appel à la mobilisation ! Tous les adhérents, tous les sympathisants, tous les actifs devraient se sentir invités à combattre pour la cause de l’Evangile.
L’usure du temps a atteint tous les rouages d’une organisation séculaire. Mais il n’y a aucune vraie raison de se désoler : j’y verrais plutôt un appel d’En-Haut à réveiller ce qui se serait endormi.
Ne serions-nous pas l’équipage et les passagers d’un bateau qui va quelque part mais sur lequel peu prennent le temps de connaître celles et ceux avec qui il vogue ?
Et pourtant cet esquif a pour tâche de prendre à son bord les naufragés d’une humanité à la dérive.
Comment nous rendre utiles face aux avis de tempêtes (tempête écologique, tempête économique, tempête migratoire, tempête conservatrice, …) ?
Certainement pas en laissant faire… Tâches imposées
Dans toutes les Unités pastorales de Bruxelles, les hommes et les femmes, nommés par le Vicariat à une tâche précise sur un territoire donné, ont reçu mission d’adapter le chemin de l’initiation chrétienne (la catéchèse d’accompagnement) à l’évolution des mentalités.
Il ne s’agit plus d’enseigner le dogme ou le mystère mais d’éveiller, dès que possible, l’enfant (et les parents) au ressenti d’une présence bienveillante : Dieu est un Père qu’il faut cesser de craindre.
Ce qui est proposé : en partenariat avec Jésus, travailler à rendre le monde mieux humain.
Dans une Ville devenue multiculturelle, alors même que la pratique des rites religieux chrétiens diminue, une seconde mission échoit aux ‘nommés’ : agir pour que chaque Unité pastorale devienne la paroisse de demain.
Si nous ne faisons pas par nous-mêmes les adaptations nécessaires, l’autorité civile –qui est aussi le pouvoir subsidiant- nous l’imposera.
Tâches pour tous. Jamais une Institution ne se réforme par le sommet sinon en dictature.
Cela vaut aussi pour notre Eglise. Même si l’impulsion vient de plus haut, sans l’écoute de la communauté de base, le renouvellement nécessaire ne se fera pas.
Dans notre Unité, depuis douze ans, des assemblées, des concertations, des regroupements ont eu lieu.
En janvier dernier, il y a eu, à La Pairelle, un WE de rencontre et de réflexion entre les membres des équipes pastorales et les catéchistes.
Fin de ce mois d’août, une autre rencontre de ‘témoins’ du vécu local s’est tenue.
Son objectif : ‘Avec les moyens que nous avons, avec les qualités des personnes engagées, comment adapter notre outil aux réalités de terrain ? Comment assurer un avenir à l’UP Laeken-Est ?’
Pas de stress mais le lancement d’une réflexion qui doit s’élargir au plus grand nombre.
Pas de défaitisme, mais un acte de foi envers le divin employeur de tous. « C’est ainsi que nous sommes.
Nous plantons des graines qui un jour pousseront. Nous arrosons les graines plantées, sachant qu’elles portent en elles la promesse du futur.
Nous posons des fondements qui devront être élevés. Nous fournissons le levain qui produira des effets bien au-dessus de nos capacités.
Nous ne pouvons pas tout faire, et le comprendre nous apporte un sentiment de libération.
Cela nous permet de faire quelque chose, et de le faire bien. » Ces mots de Mgr ROMERO ont soutenu les trois heures de débat en petites cellules.
Avant un repas fraternel, ce groupe a cherché comment mettre en place, comme une fête, la rentrée pastorale de l’UP , fixée au 4 octobre, autour et dans l’église des Saints Pierre et Paul.
Pour s’y mettre, il faut se connaître et s’apprécier. L’équipe des ‘nommés’ n’a pas d’agenda secret.
Le Pape François invite à faire signe : notre corne de brume sonne clair en ces temps obscurci.
L’apôtre Jacques écrivait déjà, il y a 1985 ans : ‘Ne vous contentez pas d’écouter la Parole, mettez-là en pratique !’… Quelle valeur aurait la ‘messe’ s’il n’y avait pas de pratique de la charité ?
Même si le projet de Dieu – une seule humanité, heureuse et fraternelle- nous dépasse par son ampleur, rien ne nous empêche de nous y mettre tous et de tout faire autrement que hier pour implanter dès aujourd’hui ce qui grandira demain !

Marc Scheerens

Les non -dits d’une liste

A intervalles plus ou moins réguliers, selon l’espace disponible, le bulletin publie la liste des équipes avec leurs contacts. Cette page mérite l’attention parce que, en effet, elle prend le pouls de Pacem in Terris. Je vous propose de nous y attarder un peu. Car, parmi celles-ci, deux ne figurent plus sur la liste.
L’été a coïncidé avec la disparition de l’une, Vie Féminine, tandis que la seconde, Enéo, suivra à la fin de cette année.
Il faut cependant apporter un léger correctif à la première car, si ses activités ont cessé, elle poursuit la gestion administrative des «Sapins Verts» du lundi et de «l’Amicale» du mardi. Cela étant, on se posera légitimement la question de «que s’est- il donc passé»? La célèbre phrase de Shakespeare pourrait résumer la réponse en… «et le combat cessa, faute de combattants…» ! Voilà pour le constat mais allons plus loin dans l’analyse en nous reportant aux premiers pas de Pacem in Terris.
Lorsque qu’elle se constitua, elle reprit à son compte l’organisation des équipes telle qu’elle existait dans l’ancienne paroisse bilingue.
Comme ailleurs, et même plus sans doute en raison des conditions de sa création, la fréquentation des tentes d’abord, du bâtiment ensuite, arrivait presque à saturation.
La grande salle et la galerie affichaient complet tous les dimanches. Les équipes pouvaient donc compter sur cette végétation spontanée. Un des membres venait-il à quitter le groupe, son remplacement ne posait guère de difficulté.
Et même quand le départ concernait un responsable, le problème trouvait rapidement sa solution.
Il faut préciser qu’à cette époque, la grande majorité des épouses beauvaloises étaient mères au foyer.
Vie Féminine compta alors plus de 300 adhérentes avec des programmes adaptés pour les mamans («l’action jeunes femmes»). Grâce à son importance l’équipe organisait le maillage systématique des rues visitant les nouveaux habitants dès leur arrivée.
Mais ces dames prirent de l’âge tandis que la société évoluait avec, entre autres, le travail des femmes qui se généralisait. Avec, par voie de conséquence, les sollicitations constantes de leurs parents .
Et conjointement, comme un effet indirect de ces métamorphoses, la fréquentation dominicale se voyait peu à peu privée d’une grande partie de la génération qui précisément pouvait rentrer dans le jeu.
Point n’est besoin de s’y appesantir, chaque dimanche nous en apporte la preuve.
Aucune paroisse n’y échappe au point d’inciter l’Eglise de Bruxelles à étudier des réformes radicales, tant sur le plan cultuel (en réorganisant le découpage des paroisses quitte à fermer des lieux de culte) que matériel (Pacem in Terris servirait-elle de modèle?). Plus près de nous, notre Unité Pastorale vient d’entamer une réflexion sur «l’après» de Marc et Jacques. Car pour ne pas être pris de court mieux vaut s’y préparer.
Sans avoir l’air d’y toucher notre liste pose une autre question. Elle est fondamentale.
Aussi j’invite les lecteurs du bulletin à donner un âge moyen à l’ensemble des responsables qui y figurent et, par la même occasion, à compter le nombre de «casquettes» portées par chacun d’eux.
Nul doute que le verdict ne prêtera pas à un optimisme béat. Car, hormis les mouvements de jeunesse, le «triummuliérat» à la présidence des Foyers et le lancement ce mois-ci des cours de»zumba» pour seniors sous la houlette de Catherine, la «gérontocratie» semble quasi généralisée…
A moins que d’aucuns s’engagent et injectent du sang neuf pour pérenniser la belle aventure.
Bonne rentrée à tous.

Claude Eugène

Stationner au soleil, c’est…

J’ai deux mois pour « stationner au soleil », et non pas me garer dans un guêpier de querelles de toutes sortes, de soucis et de problèmes épuisants pour les nerfs !
Embellir mes journées ! S’enthousiasmer pour la lumière, pour l’amour, pour les hommes et pour les bonnes choses.
Voilà mon programme de vacances…

Daniel Deschrijvere

Un temps béni.

Que l’on ait choisi pour l’été un séjour à la montagne ou au bord de la mer, que l’on reste chez soi, ou que l’on voyage en pays étranger, il est bon de se rappeler que la période des vacances est d’abord un temps de vacance : non pas un vide où l’on s’ennuie et que l’on entreprend de combler de cent façons, en absorbant des nourritures, des images, des loisirs, mais une disponibilité, un accueil de l’imprévu et au nouveau.
C’est aussi le moment où chacun se vide, s’allège de ses peines et inquiétudes, dépose son fardeau avec confiance, se dégage de l’affairement quotidien. L’opposé d’une vie active n’est pas une vie passive  de spectateur ou de consommateur – mais une vie contemplative.
On passe de la paresse et du farniente à l’attention vive : tout ce qui apparaît, tout ce qui nous entoure mérite notre regard et nos égards. L’étonnement et l’émerveillement peuvent surgir.
Tous nos sens s’ébrouent, d’autant plus que nous cherchons moins à maîtriser, à accaparer : le regard se lave, l’oreille s’ouvre, l’odorat se purifie, le toucher retrouve sa délicatesse…
Nous allons vers des sensations subtiles, capables de réveiller notre âme, de la réjouir aussi.
Délivrés d’un emploi du temps strict, nous pouvons goûter l’instant présent.
Au lieu de nous projeter sans cesse dans le futur ou d’être happés par l’extérieur, nous avons la rare possibilité de retrouver une assise.
La présence à soi-même : « habitare secum », « habiter avec soi », selon la formule monastique.
C’est également l’occasion de retrouver l’esprit de simplicité, la fraîcheur de l’être.
Il est tant de plaisirs et d’agréments qui ne sont pas coûteux et ne nécessitent pas de moyens sophistiqués, comme de marcher dans la nature, de s’asseoir et d’écouter le bruit du vent, de ramasser des coquillages ou des cailloux, de converser avec des ami(e)s ou de saluer un passant, de se baigner dans une rivière, de faire un château de sable, de préparer un repas sur l’herbe, d’observer les insectes, de fredonner une chanson, de cueillir des fruits, de préparer des confitures…
Il suffit de le faire pleinement, avec attention.
Le temps des vacances est véritablement béni parce qu’il invite à la bénédiction.
Comment ne pas éprouver de gratitude envers la beauté du monde et son émouvante diversité ?
Devant les vagues inlassables ou l’impétuosité du torrent, sous le ciel étoilé ou les cimes enneigées, dans le froissement des blés ou l’odeur de la terre après l’orage, on est naturellement porté à la louange.

(Jacqueline Kelen, écrivaine : Revue « Prier », juillet-août 2007,p.30)

A l’écoute de notre diaspora

Il arriva le moment où ils sautèrent le pas et s’éloignèrent.
Le plus souvent leur décision, difficile à prendre, se justifiait pour des raisons familiales, le rapprochement avec le lieu de vie de l’un ou l’autre de leurs enfants en étant la principale.
Ainsi, çà et là, une diaspora beauvaloise se constitua petit à petit.
Elle concernait, dans la toute grande majorité des cas, des pensionnés encore alertes qui avaient porté, quelques années auparavant, les prémices de Pacem in Terris.
Les jeunes, quant à eux, étaient déjà partis pour des raisons sentimentales couplées ou non avec des exigences professionnelles.
En fait, cette photographie locale ne diffère guère des mouvements connus ailleurs parmi des populations que les événements réunirent et soudèrent.
Sauf que, chez nous, ils prennent des airs de diaspora. Et celle-ci a des choses à nous dire!
On la rencontre de temps en temps, le plus souvent à l’occasion du décès de l’un de ces anciens.
Je vous confesse qu’il m’a fallu attendre les funérailles de Jean Dewandre le 8 avril dernier pour que le déclic s’opère en moi tant sa réalité sautait aux yeux.
Déjà sur le parvis de l’église de Pétigny les affinités revenaient au grand galop, comme si on s’était quitté d’hier.
Elles se précisèrent encore, tant sur le chemin du cimetière que durant la collation de clôture.
Ceux que nous retrouvions n’avaient rien oublié de leur fréquentation du PIT.
Même les «jeunes» d’alors aimaient rappeler qu’ils bénéficient encore aujourd’hui des traces que cette époque a laissées en eux.
Bien sûr, comme toute diaspora, la nôtre a tendance à figer l’évolution sur le modèle de celle qui existait au moment des départs. Certes le bulletin, ils en sont friands et le lisent maintenant en ligne, tient ceux qui sont partis au courant de ce qui se vit ici.
Mais, n’y étant pas mêlés directement, ils ont tendance, et nul ne pourrait leur en tenir rigueur, de décrypter l’information en la rendant plus épurée par une analyse qui ne reflète pas tout à fait la réalité que les soubresauts de la vie en groupe peut rendre bien différente.
Mais, après tout, pourquoi n’en tirerions-nous pas l’une ou l’autre idée bonne à approfondir.
N’avaient-elles pas fait, en leur temps, la preuve d’une pertinence éprouvée?
Parmi elles, il en est une que l’auteur de l’article «Une page de notre histoire» rappelait dans le bulletin du mois passé.
Il évoquait «la tolérance des uns, la courtoisie et le fair-play des autres…».
Les membres de la diaspora mirent ces principes en œuvre lorsqu’ils vivaient près de nous au point d’en faire les fondamentaux de ce qu’ils ont construit.
Il nous revient de les entretenir pour qu’ils deviennent notre ADN. Et de les répandre autour de nous afin que la jeune génération, notre relève, puisse en connaître les bienfaits.
Et, tant qu’à faire, n’est-il pas urgent d’en être les porte parole en dehors de nos murs?
En apportant ainsi notre quote-part pour soigner les maux qu’endure notre société, voire des proches voisins peut-être?

Claude Eugène
 

Larmes de femmes

Chers lectrices et lecteurs attentifs, assidus et sympas
En ce joli mois de mai qui commence, en guise de page éditoriale, je ne pouvais m’empêcher de mettre les mamans et les femmes à l’honneur.
Mon épouse m’a fait découvrir un texte que je me suis décidé de vous faire connaître…

Daniel Deschrijvere

Un petit garçon demande à sa mère : « Pourquoi pleures-tu ? » Par ce que je suis une femme » lui répond-elle.
« Je ne comprends pas » dit-il. Sa mère l’étreint et lui dit « Et jamais tu ne réussiras. »
Plus tard le petit garçon demanda à son père « Pourquoi maman pleure-t-elle ? » Je ne comprends pas !
« Toutes les femmes pleurent sans raison » fut tout ce que son père put lui dire.
Devenu adulte, il demanda à Dieu : « Seigneur, pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ? » et Dieu répondit : « Quand j’ai fait la femme, elle devait être spéciale. J’ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde ; et assez douces pour être confortables.
Je lui ai donné la force de donner la vie et celle d’accepter le rejet qui vient souvent des enfants.
La force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne.
La force de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et la fatigue.
Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts et de demeurer à ses côtés sans faiblir.
Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le besoin.
Tu vois mon fils, la beauté d’une femme n’est pas les vêtements qu’elle porte, ni dans son visage, ou dans la façon de se coiffer les cheveux.
La beauté d’une femme réside dans ses yeux.
C’est la porte d’entrée de son cœur, la place où l’amour réside.
Et c’est souvent par ses larmes que tu vois passer dans mon coeur   

« Auteur inconnu »

ET TOUT CELA DANS UNE EGLISE !!!

Lorsque vous lirez ce bulletin, l’équipe théâtre aura redonné à la salle son aspect habituel.
A ce propos, savez-vous que ce groupe fut crée en 1982 ? En 33 ans d’existence, et compte tenu d’une «année sabbatique» en 1991, elle a présenté sur cette durée , le même nombre de pièces.
Toutefois, en longévité, elle se fait battre sur le fil par le théâtre des enfants créé un an avant elle.
Le théâtre n’est donc pas un nouveau venu dans le paysage de Pacem in Terris.
Bien plus, dès le moment où les entrées dégagèrent des bénéfices, «Autre Chose» en mit, chaque année, une partie importante à la disposition de l’asbl pour l’amélioration du confort du bâtiment et particulièrement de celui de la grande salle.
Et comme les dates des spectacles coïncidaient avec celles du Carême, une belle initiative vint s’y ajouter.
Des dames eurent la bonne idée de vendre à l’entracte des sandwiches et des parts de tartes au point de prendre une place appréciable dans les beaux résultats affichés par le Carême de Partage en faveur de l’hôpital de Yasa Bonga en RDC.
Et c’est encore sans compter le chiffre réalisé par le Foyer qui refuse du monde durant les entractes (voire même après…). Ainsi, ne fut ce que sur le seul plan de la saine gestion générale, les activités théâtrales devinrent incontournables.
Et tout cela dans une église ?
Cette remarque a certainement envahi plus d’un de nos visiteurs dominicaux occasionnels.
Quant aux autres, et vous êtes de ce nombre bien sûr, ils ne s’en offusquent guère.
Ils ont la bonne attitude qui ne fait que correspondre à la réalité administrative.
Car notre salle n’est pas une église et la croix accrochée à la façade du bâtiment n’a pas valeur probante à cet égard ;
il s’agit tout bonnement d’une «salle polyvalente».
Entendez par là qu’elle peut être affectée à des usages divers, dont le culte, pour autant bien sûr que les statuts de l’asbl ne les excluent pas.
Cela étant dit, rien n’empêchera d’apprécier la grande ouverture d’esprit témoignée tant par les prêtres que les laïcs qui, certains dimanches, célèbrent dans un environnement pour le moins inhabituel.
Et comme aime le rappeler le concepteur du bâtiment, s’il n’en n’était pas ainsi, cette église serait la seule au monde pour compter dans ses murs un monte-charge destiné à y monter des bacs de bière…
Ce n’est pas une église, mais on y «fait église» de multiples façons même inattendues.
Là se cache l’une de nos richesses qu’il nous faut choyer comme le plus précieux des trésors.

Claude Eugène

Un grand moment de vie et de solidarité

«Convertis-toi et crois à l’Evangile». Pendant 40 jours, jusque Pâques, nous sommes appelés en effet à prendre du recul avec ce qui fait le quotidien de nos vies, à descendre en nous-même, à faire le point et à réajuster nos comportements afin qu’ils soient plus en harmonie avec ce qui est important pour nous, sous le regard bienveillant de Dieu et en nous laissant vraiment habiter par l’Evangile.
Cette période de Carême peut être un beau chemin de vie, un chemin qui tente de réorienter notre vie dans une
perspective d’authenticité, de cohérence, mais aussi et surtout de partage et de solidarité.
Se révéler à soi-même, révéler un sens à notre vie, se donner une direction et l’élargir aux dimensions de celles et ceux que nous rencontrons et qui ont peut-être besoin de chaleur humaine, d’écoute, de compréhension, mais aussi d’aide concrète.
Prendre conscience positivement de tout ce que nous propose ce temps de Carême n’est donc pas peu de choses.
Tout autour de nous, nous sommes aussi souvent invités à participer à des sessions de développement personnel, de relaxation, de weekends de silence, ... qui rencontrent d’ailleurs énormément de succès auprès de nos contemporains. Sans nécessairement les juger négativement, il serait peut-être bon de nous demander dans quelle mesure la lecture de l’Evangile pourrait nous fournir des clefs essentielles d’un renouveau pour nos vies et pour la vie de ce monde.
Donner du sens et une direction à notre existence humaine, mais aussi baliser des pistes pour passer à l’action, seul ou avec d’autres, au service de nos frères et sœurs souffrants ou persécutés, et le monde nous présente plus que jamais à ce sujet des perspectives innombrables …
C’est vrai, le chantier est vaste et les ouvriers sont peu nombreux, mais nous pouvons certainement, là où nous sommes et avec nos moyens, aider, soulager et réconforter.
Et l’aide que notre communauté apporte à l’hôpital de Yasa Bonga est tout-à-fait à notre portée, à portée de cœur et de réalisation.
Prendre nos frères et sœurs de Bonga par la main et faire tout ce que nous pouvons pour répondre à leurs attentes et à leurs besoins, ne serait-ce pas cela un des grands moments de vie et de solidarité de ce Carême ?

Pol Bréda