Positivons !

Voilà une remarque que nous entendons de plus en plus souvent dans les médias et autour de nous.
Cette attitude a bien sûr ses détracteurs. A force de positiver, on ne distinguerait plus la réalité.
Tous les spécialistes de la relation l’affirment pourtant : on ne résout pas les problèmes de quelqu’un en insistant sur ses défauts. Il y a des attitudes et des relations qui tuent.
Mettre par contre en avant les qualités et les richesses de quelqu’un l’aide assurément à se construire et à renforcer la confiance en soi. Prendre conscience des milliers de démarches positives accomplies chaque jour dans notre pays et dans le monde nous font rentrer dans un courant constructif et solidaire générateur de développement et de mieux-être pour notre société. Positivons donc !
Peut-être pourrions-nous conjuguer ce slogan à tous les temps pendant la période de Carême, prendre ces petites pilules de jouvence tous les jours pour devenir attentifs aux signes positifs que nous décelons chez celles et ceux que nous rencontrons, pour les révéler à ceux qui ne les voient pas, pour trouver les mots qui encouragent et remettent en route,
en s’habillant de bienveillance et de bonne humeur.
Raisonner et développer une attitude positive peut assurément faire autant de bien qu’une tisane ou un médicament
(sans effets secondaires).
Aborder la vie en étant surtout attentif aux initiatives positives et constructives, en les encourageant et en les faisant connaître donne de l’enthousiasme et du dynamisme. C’est communicatif et source de bonheur !
Voir quelqu’un construire donne confiance en l’avenir et encourage les pessimistes et hésitants à se mettre à l’ouvrage. Nous prendrons bientôt le chemin vers Pâques, chemin d’espérance et de résurrection.
Alors, soyons attentifs aux signes positifs que nous inspire la Parole de Dieu, habitons pleinement ce moment intense et vivifiant pour retrouver l’essentiel dans nos vies, pour bouleverser la routine, rompre le pessimisme ambiant et découvrir autour de nous tout ce qui est facteur de développement de la personne humaine, tout ce qui nous entraîne vers le haut et nous permet de vivre davantage en harmonie avec nous même et avec les autres.
Alors, allons-y, c’est aujourd’hui que tout commence. Prenons la route et découvrons les milliers de signes d’espérance qui nous tendent les bras. Positivons sans modération !

Pol Bréda

Sous le gui. . .

Un livre vient de se refermer pour s’ouvrir aussitôt sur la première page d’un autre.
L’entame d’une année nouvelle s’accompagne inévitablement d’une série d’habitudes, vues souvent comme des convenances, auxquelles il convient de ne pas se soustraire.
Comme les vœux , sincères ou non, flottant dans l’hiver au point d’occulter la lumière qui, insensiblement, gagne du terrain sur la nuit. Le bulletin souhaite s’inscrire de façon positive dans cet air du temps.
Aussi souhaite-t-il à ses lecteurs de contribuer à répandre en 2018 les graines d’une précieuse graminée, qu’à défaut de mieux, on qualifiera de bonheur.
Bien sûr ce projet n’a rien d’exceptionnel tant il ressort de l’évidence.
Quoi de plus normal, en effet, que d’offrir à chacun un témoignage, sous la forme d’échos, de ce qui se vit et se ressent chez nous, à Pacem in Terris. A la regarder de plus près, on constatera que l’affirmation ne relève pas de l’impossible pari. J’en veux pour preuve le numéro de décembre avec les pages dans lesquelles l’unité scoute faisait état, avec enthousiasme, de ses réalisations.
Et aussi, l’émouvante expérience de Sophie, la dernière cheftaine, dans le bénévolat qu’elle exerce dans une unité de soins palliatifs. Toutes ces interventions contribuent à enrichir ceux qui les lisent.
Mais, bien sûr, le bulletin n’a de raison d’exister qu’à l’évidente condition qu’il soit assumé par le plus grand nombre possible, passivement pour les uns qui lui accorderont leur bienveillance, plus activement par d’autres faisant de leur plume un service rendu.
2018 sera chez nous marqué d’une pierre blanche . Le 22 septembre nous fêterons le 50ème anniversaire
de la fondation de notre communauté.
Voici 1/2 siècle, en effet, c’était en février 1968, dans les frimas de l’hiver, un groupe de chrétiens quittèrent le lieu de culte parce que les autorités, tant civiles que religieuses, leur interdisaient d’entendre la messe dans leur langue.
De nombreux sympathisants les accompagnèrent dans ce nouvel exode. L’asbl Pacem in Terris se constitua quelques mois plus tard. Il y a 50 ans l’histoire de ce «chez nous» en devenir restait à écrire.
Bien que les ouvriers n’allaient pas arrêter de prendre les relèves nécessaires au fur et à mesure des besoins,
et ce sera ce jour-là l’occasion de les en remercier, le chantier ouvert alors n’a pas encore connu son épilogue…

Bonne année !                    Claude Eugène

Comme il a changé !

A force d’appeler Dieu de noms abstraits, ramassés dans des vocabulaires de la théologie, on avait fait de Dieu un vieillard ennuyeux qui n’avait qu’un triangle et un oeil pour tout visage.
( Je m’en souviens encore, j’étais l’hôte d’une famille flamande et ce cadre se trouvait dans une des chambres au-dessus d’un grand lit.) Et voici que Dieu est un enfant!
C’est dire que d’un seul coup Dieu est plus jeune que nous! Le voilà!
Il n’est plus derrière nous dans les souvenirs mais devant! Il n’est plus besoin de le sortir de l’oubli de la nuit des temps:
Il nous précède. Il est le nom de notre avenir.
Tout enfant est toujours un inconnu. S’il est nouveau-né, c’est qu’il n’a pas fini de nous surprendre.
S’il est un enfant, c’est qu’il est vivant. c’est qu’il est quelqu’un. On ne définit pas quelqu’un : on le rencontre.
Ma grand-mère disait de moi chaque fois qu’elle me retrouvait : «comme il a changé!»
Donnons du sens au temps de l’Avent, ce temps de l’attente de l’adventus, «celui qui doit venir».
C’est aussi un temps de conversion où les croyants sont appelés à la suite de Jean-Baptiste à «préparer les chemins du Seigneur». Préparons-nous à recevoir ce nouveau visage, celui du Tout Autre et celui de la rencontre.

Daniel Deschrijvere

Un enfant bientôt ... Depuis bientôt neuf mois, l’enfant attend, caché au creux du ventre de sa mère. Depuis neuf mois, il se nourrit de sa chaleur et de sa tendresse. Il sent vibrer ses moindres paroles. Depuis bientôt neuf mois, il attend d’être prêt pour naître. Il ne sait pas encore que beaucoup l’attendent qu’ils se nourriront de sa chaleur et de sa tendresse.
Qu’ils écouteront ses moindres paroles. Il ne sait pas encore que beaucoup sont prêts pour naître avec lui à la vie de Dieu. Cet enfant, bientôt, on l’appellera Jésu
s.

Benoît Marchon (Poèmes pour prier, Ed. Bayard, 1987)

Le bulletin en question ?

L’assemblée PITAGORA qui s’est tenue le 25 septembre dernier avait inscrit à son ordre du jour deux sujets,
le 50ème anniversaire de la fondation de Pacem in Terris qui sera fêté le 22 septembre 2018 et un état des lieux du bulletin auquel cet éditorial est consacré.
Avec l’aide de Sophie Van Stratum, qui arrivait au terme de ses deux mandats à la tête de l’Unité Scoute et, par ailleurs, spécialiste en communication, l’équipe bulletin avait estimé qu’une analyse objective devenait nécessaire après 4 ans de ce «Pitblad» new look.
Une réflexion devenant d’autant plus nécessaire en raison de la décision prise par les rédacteurs de «Parcours Croisés», le journal du Christ Roi et de SSPP réunis, d’en venir à une parution bimensuelle dès septembre (et annoncé en page 7 de notre numéro de ce même mois)).
Elle pourrait devenir dommageable pour le nôtre compte tenu de la place prise par la rubrique de l’Equipe Pastorale. Parmi les trois options possibles, suppression, fusion ou maintien, l’assemblée se prononça massivement pour que tout reste en état et en donna ainsi, de facto, mandat à l’équipe.
Le bulletin qui a suivi vient de fournir la preuve péremptoire par ses 20 pages que Pacem in Terris, sans déroger à la ligne suivie depuis quatre ans, possède les ressources suffisantes pour ne pas se contenter d’une publication condamnée au régime minceur. MAIS… car il y a un «mais» conjoint à cette considération optimiste.
Pour réussir il devient indispensable que des nouvelles plumes se manifestent (de préférence, spontanément…) et viennent, occasionnellement ou non, se lancer dans l’aventure et faire écho à ce qui se vit ici.
Car chacun d’entre nous s’intéresse à ce qui s’y passe, aux projets, aux collaborations individuelles ou collectives.
Bref, à tout ce qui donne témoignage de ce qui fait notre spécificité, celle que nous aimons qualifier de «esprit PIT». Relisez à ce propos la relation du camp Pi’s qu’Emilie nous a livrée dans le précédent numéro.
N’avez-vous pas ressenti un réel plaisir à sa lecture et monter en vous comme un regain d’enthousiasme?
Nous ne demandons pas de faire œuvre littéraire mais tout bonnement d’apporter une sorte de fierté au lecteur qui fermera le journal en se disant:» … et tout cela chez nous en un mois…».
L’occasion se présente désormais: saisissons-la!
Il suffit de se lancer sans craindre de céder à la panique devant la feuille blanche.
Tout en veillant cependant à envoyer les textes à temps.
Vous éviterez à l’équipe de devoir se livrer à des prodiges pour la mise en pages car l’impression se fait par quatre pages à la fois. Et en respectant, le garde-fou qu’est notre «Code de Bonne Pratique» rappelé plus loin, en page 21.

Claude Eugène

Un nouveau départ, un signe ...

Certains parmi vous se souviendront de ce dimanche où il présida pour la première fois l’eucharistie à Pacem In Terris.
Nous parlerons ici de José Nzazi, notre nouveau prêtre responsable de l’Unité pastorale de Laeken-Est, à qui nous souhaitons la bienvenue.
Est-ce un élan de l’Esprit Saint ? Soutenue par une volonté de continuité pour notre Communauté, il ne sera pas facile d’augmenter la «vision» spirituelle de celle-ci.
Pourtant au départ et à la naissance de notre entité, notre assemblée a traversé une période faste composée d’hommes et de femmes engagés dans divers services sociaux et pastoraux.
Les célébrations étaient animées et bien remplies. Mais au fil du temps, les engagés diminuèrent...
Aujourd’hui, bientôt 50 ans plus tard, notre communauté s’essouffle de pratiquants et d’engagés sur le plan religieux, ils vieillissent et ne sont plus remplacés ! (ou pas encore).
Comme l’Eglise, faite d’hommes fragiles, elle n’échappe pas à la difficulté !
C’est une réalité qui doit se conquérir chaque jour, chaque dimanche, grâce à une conversion sans cesse reprise.
Les responsables pastoraux ont alors la charge de lancer l’appel à la « réconciliation» et de veiller à entretenir une pratique spirituelle toujours menacée. Notre tâche est difficile, mais nécessaire.
Jésus demande à tous les siens de la reconnaître comme une grâce. Et puis voilà qu’arrive notre nouveau pasteur José, et c’est par une messe des familles qu’il débute dans notre assemblée dominicale.
Est-ce un signe ? «Construire des ponts, plutôt que des murs ! »
C’était en résumé l’enseignement reçu et raconté aux enfants par un conte pour illustrer l’Evangile de ce dimanche là.
Ne nous cloisonnons pas dans ce qui est du passé, mais vivons notre foi aujourd’hui avec un regard nouveau.
Un nouveau départ, et une nouvelle rentrée pastorale qui démarre...
J’ai vu les sourires de nos jeunes futurs confirmés sur une photo de leur retraite, ils sont l’avenir !
Accueillons-les tels qu’ils sont, avec leurs interrogations, leurs incertitudes, et nous créerons ainsi des ponts plutôt que des murs...

Daniel Deschrijvere

Au pied du mur...

Après l’habituel silence d’août, le bulletin de septembre est, immanquablement, celui qui sonne la rentrée.
Plus précisément des rentrées, qui vont, à des degrés divers, s’échelonner tout au long du mois pour s’achever par celle des mouvements de jeunesse. Rentrée!
Le mot vient-il pudiquement recouvrir d’un voile de silence toute vie durant deux mois dans le bâtiment?
Mises à part les catéchèses et les chorales pour des raisons techniques évidentes toutes les activités abritant notre lieu de vie se déroulèrent sans interruption estivale. Avons-nous pensé à en remercier celles et ceux qui en assurèrent le bon déroulement? Cependant cette rentrée 2017 ne sera pas tout à fait comme les autres.
Au moment où paraîtront ces lignes, Marc Scheerens, curé de l’unité pastorale dont Pacem in Terris fait partie, s’en ira goûter aux délices d’une retraite bien méritée.
La soirée festive organisée hier soir, ici même, à son intention par les trois entités apporta sans doute son flot de témoignages élogieux et mérités. Nous aurons, quant à nous PIT, fait route ensemble durant 14 ans.
On se souviendra des craintes soulevées, parfois avec véhémence, à l’annonce que Pacem in Terris allait être rattachée à une Unité Pastorale avec, à sa tête Marc.
Certains l’avaient rencontré (ou « on leur en avait parlé»…) alors que, dans une autre vie, il était encore vicaire au Christ Roi. C’est que l’histoire nous avaient rendus méfiants à l’égard de toute influence extérieure.
Tout ce remue-ménage n’allait-il pas mettre à mal notre confortable isolement?
Mais au fil des mois l’apaisement prit le dessus, grâce, entre autres, à la bonne idée qu’il eut de profiter du lieu de rencontres qu’est le foyer. Jamais il n’interféra dans les attributions propres de l’asbl et du cultuel en général.
Je crois même qu’il s’est senti particulièrement à l’aise lorsque vint le moment de lancer le projet Pitagora que l’on connaît. Nos chemins se séparent maintenant mais, la distance entre Beauval et Jette étant ce qu’elle est, nul doute qu’ils se croiseront encore car ses mots d’humour finiront par trop nous manquer…
Comme il fut déjà annoncé, Marc sera remplacé par José Nzazi.
Nous aurons à cœur de l’accueillir sans arrière pensée en commençant par nous abstenir d’établir de vaines comparaisons. Nous avons bénéficié des talents de l’un; quelle richesse de découvrir maintenant ceux de l’autre.
Nous apprendrons ainsi à nous connaître.
Nathalie Borremans et Jacques Renders garderont leurs fonctions durant un an encore et faciliteront ainsi l’apprentissage réciproque. Rentrée différente enfin car en 2018 nous fêterons les 50 ans de notre existence.
Nous y réfléchirons déjà lors de la réunion Pitagora du 25 septembre tout comme nous inviterons l’assemblée à dresser un bilan du bulletin et des éventuelles répercussions qu’auront les limitations apportées dans celui commun aux deux autres paroisses.
Nous voici donc au pied d’un mur qui ne ressemble pas à un obstacle infranchissable.
Pour autant que chacun ne soit pas rétif à s’arrimer à la cordée.       Bonnes rentrées !

Claude Eugène

Période estivale

Le soleil est pour beaucoup la chose la plus ordinaire du monde.
Et pourtant tous les jours il fait son miracle. Il allume pour moi la lumière et la nature. Il combat les nuages pour me voir et m’offrir une belle journée. La nuit il passe de l’autre côté de la terre pour donner là aussi sa lumière à des hommes.
Si j’éteins le soleil, je m’installe alors dans l’obscurité la plus complète et le froid le plus glacial.
Ainsi va l’amour. L’amour s’épanouit dans ma vie, il m’apporte alors lumière et chaleur.
Si j’ai l’amour, je peux me passer de beaucoup de choses.
Mais si l’amour décline dans ma vie, les ombres deviennent de plus en plus grandes, et peu à peu je me retrouve dans la nuit et le froid. L’amour est comme le soleil et j’aime le soleil !
Qui le possède peut se passer de beaucoup de choses. Qui manque d’amour, manque de tout !
Cette période estivale sera pour moi un déclencheur d’amour, la belle saison pour me rappeler que je peux garder ce soleil en moi toute l’année, «faire le plein d’amour» et le consommer à ma guise au gré des personnes que je rencontrerai sur mon chemin. En ce début de juillet, je partirai à Assise et le soleil devrait être au rendez-vous ...
Moi aussi, je rêve d’une Eglise qui est sans poussière et qui a abandonné les formes du passé, les gestes d’autrefois.
Moi aussi, je rêve de moi-même, à la recherche de moi-même, découvrant Dieu, dans une Eglise de nomades en mouvement.

Daniel Deschrijvere

Et si ???

La plupart d’entre nous sont ainsi faits que nous ne nous préoccupons guère de ce qu’il adviendrait si ce qui constitue nos points d’attache venaient à disparaître.
Après tout pourquoi faudrait-il ainsi s’encombrer l’esprit de cette problématique?
Sauf, bien entendu si elle vient à mettre à mal la posture du consommateur derrière laquelle, spontanément, nous aimons nous abriter. Il en va ainsi des automatismes qui commandent jusqu’à nos démarches les plus intimes.
Ces «habitudes» pénètrent tous les domaines. Pour lors balayons devant notre porte en nous bornant à jeter un regard introspectif sur ce qui se passe chez nous.
Ici même, dans le quotidien de Pacem in Terris. L’autre jour, un sympathique quadra me photographia pendant ma visite dominicale au foyer. L’étonnement passé, je lui demandai quel sens il donnait à cette initiative.
Sa réponse ne manqua pas de m’étonner. Il me dit qu’il pensait à l’avenir. Aussi voulait-il garder l’une ou l’autre trace visuelle de quelques uns de mes contemporains. Il ajoutait:» et si… après vous il n’y a personne pour prendre le relais?». J’évoquai cette conversation pendant la réunion de l’équipe bulletin, ( pour ceux qui l’ignoraient encore, elle signe EB…), en vue de «boucler» le numéro du mois passé.
Il s’en suivit un échange dont ce qui va suivre s’inspire. L’enquête qui déboucha sur le projet PITAGORA s’ouvrit sur des orientations nouvelles.
Nées d’une volonté générale d’assurer la pérennité du PIT elles englobaient, en première ligne, le bulletin considéré comme étant son organe de liaison entre le lecteur et la vie même de l’ensemble.
Nous conservons précieusement, classés dans leur ordre chronologique, tous les numéros des «pitblad» depuis les premiers pas de Pacem in Terris.
Ils témoignent de cette même volonté rappelée tout au long de ces bulletins parus mensuellement sans interruption. Pourtant, il faut l’avouer, le doute nous gagne. La diversité des signatures se raréfie de plus en plus.
Certaines sections répugnent, semble-t-il, à utiliser cette voie de communication car elles sont toujours muettes.
Or le bulletin n’a de sens que dans la mesure où ses pages témoignent de la vie de toutes les composantes
de Pacem in Terris, équipes et individus.
Mais voyons plutôt l’aspect pratique des choses en partant d’un exemple.
La relation que Martin Sing nous a confiée de son année d’études en Chine, et cela depuis la numéro de mars 2016, prendra fin en septembre prochain. Qui prendra la relève pour combler le vide des deux pages qui chaque fois y étaient consacrées?
Quand on sait que l’impression se fait par groupe de quatre pages, on comprendra que l’équilibre général sera touché. Chaque numéro est tiré à 120 exemplaires qui s’épuisent vite.
Il faut y ajouter la centaine de lecteurs en ligne. Certes il faut s’en réjouir.
C’est un exemple parmi d’autres. Car il n’empêche que la question obsédante appellera tôt ou tard une réponse de la part de toutes les forces vives de Pacem in Terris.
Mais elle concerne tout autant chacun et chacune. Alors oui, osons nous interroger!
Et si telle ou telle plume venait à s’effacer, qu’adviendrait-il du bulletin?
Et si telle ou telle équipe venait à, soudain, être privée de son animateur pourrait-elle s’en remettre?
Et le conseil d’administration? Et la présidence? Et si???

Claude Eugène

Comme un signe de Printemps...

Je crois en une masse de chances nouvelles, celle d’accueillir notre nouveau responsable d’Unité de Laeken-Est en est une !  A l’heure ou j’écris cet éditorial, et au lendemain d’une réunion dite «extraordinaire» des engagés dans l’Unité pastorale,
je me réjouis de l’information concernant la décision du Vicariat.
Tant que nous ne savions pas qui allait nous être envoyé comme «berger», je restais plutôt dans une certaine incertitude concernant notre avenir en unité pastorale.
La décision est donc prise et nous travaillons déjà dans l’attente de cette nouvelle équipe d’animation.
Nathalie Borremans, notre animatrice pastorale, semble être aussi sereine que moi, et l’Esprit Saint fait bien les choses, puisqu’elle m’avait déjà parlé, en février, d’un souhait que ce serait peut-être le prêtre désigné.
Je suis serein comme je l’ai toujours été depuis mon engagement dans l’équipe pastorale locale et d’unité ensuite.
Certains anciens membres de cette équipe locale craignaient de ne pas trouver des successeurs à leurs tâches et voilà que nous sommes à présent quatre laïcs bien engagés depuis quelques années...
Pour notre avenir pastoral, mon enthousiasme sera identique et j’espère que pour vous, chers membres de notre Communauté, le vôtre sera de même.
Une nouvelle équipe s’annonce donc, un nouveau départ, comme un signe de printemps...
Pour votre information voici les décisions prises : En date du 30/08/2017, Marc Scheerens sera déchargé de sa mission de responsable de L’UP Laeken-Est.
A cette date, José Nzazi, actuellement responsable de l’Unité pastorale «Chêne de Mambré» prendra la fonction de responsable de l’UP Laeken-Est.
Il sera aussi curé canonique de Saints Pierre et Paul et logera au premier étage du 11 rue SPP.
L’abbé Lebrun devient, en outre et de ce fait, curé canonique du Christ-Roi .
L’abbé Jacques Renders a demandé de rester encore pendant une année attaché à cette UP.
Nathalie est reconduite dans sa fonction d’animatrice pastorale.
Comme Marc S. l’a écrit dans notre convocation extraordinaire de l’équipe pastorale d’Unité
« Notre vision de l’action pastorale va pouvoir porter ses fruits ».

Daniel Deschrijvere

CONSTRUIRONS - NOUS CES PONTS ?

Une année depuis les attentats ! Il y eut les peurs, les replis sur soi, les musculations aussi ; et nos vies se trouvèrent soudain propulsées dans un univers mettant à mal notre mode de vie.
Cet anniversaire donna l’occasion aux médias de s’épancher à grands coups de rétrospectives dont certaines méritent de s’attarder sur les enseignements qu’elles dégagent.
Celui que la RTBF diffusa le 7 mars dernier s’attachait particulièrement aux traumatismes endurés par quelques rescapés de la tragédie. Mais aussi par ceux qui, par hasard ou devoir professionnel, furent plongés dans l’horreur.
Tous les intervenants eurent les mots justes, porteurs de sens.
Comme ce jeune infirmier qui achevait ce matin même son stage d’urgentiste.
Face à l’apocalypse il dut prendre des décisions immédiates aux conséquences définitives.
Son témoignage émouvant et lucide, alors qu’il était confronté à une médecine de guerre bien éloignée de la théorie apprise, résumait cette charge devenue trop lourde pour lui.
Surtout lorsqu’il dut choisir entre son désir de prendre la main d’une vieille dame, à coup sûr condamnée, et l’accompagner dans ses derniers instants, mais qu’en même temps le métier lui imposait d’accorder ses soins au blessé voisin qui a, peut-être, des chances d’en sortir.
On pourrait épingler tant d’autres témoignages encore car tous sont importants.
Celui du jeune policier envoyé aux nouvelles et qui depuis n’arpente plus les quais du métro qu’avec appréhension.
Ou cet ambulancier redoutant parfois encore d’entendre la sonnerie de son véhicule.
Permettez-moi cependant de m’attarder sur celui de Cindy dont quelques lecteurs se souviennent sans doute car elle est l’une des filles de Godelieve Van Montagu bien connue ici.
Elle conduisait le métro qui suivait celui qui explosa à Maelbeek.
La porte de sa cabine s’ouvrit brusquement et la poussière envahit le tunnel plongé soudain dans le noir.
Comme la formation continue lui avait enseigné, elle se rendit sur les voies et coupa le courant.
Puis, aidée de quelques uns, elle fit descendre tous les passagers.
Avec sa torche elle prit la direction de la colonne qu’elle dirigea vers la sortie.
Mais, pour y arriver, il fallut se frayer un chemin parmi les décombres, les blessés, les cadavres et les débris humains. Depuis, elle n’a pas encore repris le travail.
Aucune des interventions retenues dans cette évocation n’était quelconque.
Bien au contraire! Il s’en dégageait, même au-delà de la détresse ou du sentiment d’abandon ressenti, une force énorme. Comme un hymne rendu à la grandeur face à la barbarie.
Les derniers mots revenaient à un journaliste de la RTBF qui avait perdu sa fille à Maelbeek.
Il parlait sur un pont enjambant le canal à Molenbeek. Calmement, sans haine, loin de tout clivage mais avec certitude, il disait: «Il faut multiplier les ponts…» Alors, question: participerons-nous à leur construction?
A propos ! Le feuillet distribué par les enfants à la sortie de la messe en familles du 12 mars allait dans le même sens.
Les dessins se terminaient par: «Cherchez l’éclat de Dieu présent dans le visage de l’autre».
Une autre façon de jeter des ponts.

Claude Eugène

Ce désert intérieur...

Entrer en Carême, n’est-ce pas entrer dans ce «désert intérieur» qui nous habite?
C’est là que Dieu parle, au plus profond de nous même, au plus intime. «Notre désert» est alors le lieu de la rencontre, qu’elle soit noble ou piégée, comme dans l’épisode de Jésus conduit par l’Esprit pour y être tenté!
Mais on ne peut y entrer seul et sans repère. Comme Jésus, nous avons besoin de la Parole de Dieu pour ne pas nous laisser séduire par les pièges de l’avoir, de la gloire et du pouvoir.
Si Jésus a été tenté, c’est bien dans son «désert intérieur» (cf Luc 4,1- 13)!
Tentation de transformer des pierres en pains, de céder à l’attrait de l’avoir facile et immédiat.
Nous voilà donc ramenés à ce «désert intérieur» que nous portons.
Il n’est pas besoin d’aller très loin pour faire ce voyage. Un espace retiré, la volonté de se donner un peu de temps, le désir de vivre mieux, plus en harmonie avec soi et les autres, la soif de rencontrer ce Dieu proche qui frappe...
Il ne forcera pas la porte. Il suffit seulement de le laisser entrer et de le laisser faire ce qu’il a à faire en nous.
La prière n’est pas une question de lieu, de position, de formules, elle est d’abord silence.
Ce silence peut exiger un certain retrait... A chacun de bâtir sa prière comme il appartient à chacun de tisser son amour. Personne ne le fera à notre place ! Il ne nous quittera pas, ce désert que nous portons en nous.
Il est accessible partout, dans le tram, la voiture, la cuisine, dans l’espace d’une chambre à la maison ou d’un parc.
Il suffit d’entrer en nous-mêmes, et voici que nous y sommes.
Cette période de Carême, ces jours qui nous préparent à Pâques, peuvent être un temps que nous appréhendons à causes des «contraintes» que nous nous imposons: qu’elles soient alors marquées par les valeurs du désert que sont l’accueil et la solidarité.

Daniel Deschrijvere