JE SUIS ...

Le slogan a envahi le monde en un déclic.
Tiens, à son propos, vous avez remarqué, sans doute, qu’il se conjugue à la première personne du singulier.
Et que son temps n’est ni le futur, ni le conditionnel et encore moins l’imparfait, mais le présent.
Alors dans sa foulée, posons-nous la question que cette affirmation semble supposer: me concerne-t-elle?
Même si très probablement, les lecteurs de ces lignes, comme son auteur du reste, n’ont jamais eu en mains le journal. Pas plus qu’ils ne connaissent les dessins des caricaturistes assassinés dans leur bureau, à Paris.
Eh bien oui, dans tout cela, J’en suis où? Le moment est venu, permettez-moi d’en écrire ma conviction pro- fonde, de faire en quelque sorte un état des lieux de mon esprit de tolérance, ce ciment indispensable au «vivre ensemble» tellement nécessaire dans la société que nous connaissons.
Et si ce bilan fait entrevoir des lacunes, il faut se convaincre qu’y remédier n’a rien d’anecdotique.
Au contraire, cette courageuse remise en question, surtout si elle se multiplie auprès d’un grand nombre, constituera un bouleversement réel dans le climat perçu par ceux qui, à tort ou à raison, se sentent «étrangers», alors qu’ils sont belges comme vous et moi pour la plupart.
Mais tout ce qui les entoure leur donne ce sentiment d’être exclus, voire dénigrés par des regards hostiles ou, le plus souvent, par des paroles (ah, ce prétendu humour qui envahit la toile) échangées entre soi.
La tragédie parisienne ME met, NOUS place devant MES, NOS responsabilités.
Chacun peut et doit agir, à son niveau, pour que de pareils actes ne se reproduisent plus.
Et JE, et NOUS pouvons y arriver par de multiples façons. Et cela existe. Un exemple…
En décembre dernier, les caméras du JT de la RTBF filment, en illustration du thème des difficultés rencontrées par ceux qui vivent à la limite ou sous le seuil de pauvreté.
La scène se passe dans un quartier d’une commune bruxelloise où habite une population appelée pudiquement «précarisée». Ce qui signifie que le moindre accident de la vie la pousse au bord du gouffre.
La crise l’y a amenée et ce qui s’annonce ne fera qu’aggraver les choses.
Or déjà, ces personnes, le plus souvent des familles, doivent chaque mois choisir entre le loyer, les taxes, le chauffage, les soins médicaux. Quant à la nourriture, il n’y a souvent pas d’autre possibilité que de diminuer les portions.
Et malgré tout, certaines semaines cette restriction qu’elles s’imposent est encore insuffisante.
Alors, il faut bien se résoudre à solliciter un crédit auprès du commerçant voisin, comme ce boucher que le journaliste interroge. Lorsqu’il lui demande s’il lui est arrivé parfois d’accepter un paiement ultérieur, il répond simplement:
« les achats de certains deviennent de plus en plus limités, alors un jour ils osent. Vous comprenez, ils ont quand même une famille à nourrir».
Et le journaliste de conclure par: « et quand serez-vous payé?». Avec un sourire le boucher répondit:
« plus tard, peut-être». Il me semble avoir aperçu le mot «hallal» affiché sur la vitrine…

Claude Eugène

Vitrail pour l’An neuf

Tu m’offres cette nouvelle année, comme un vitrail à rassembler avec les 365 morceaux de toutes les couleurs qui représentent les jours de ma vie.
J’y mettrai le rouge de mon amour et de mon enthousiasme, le mauve de mes peines et de mes deuils, le vert de mes espoirs et le rose de mes rêves, le bleu ou le gris de mes engagements ou de mes luttes, le jaune et l’or de mes moissons… Je réserverai le blanc pour les jours ordinaires et le noir pour ceux où tu seras absent.
Je cimenterai tout par la prière de ma foi et par ma confiance sereine en toi.
Seigneur, je te demande simplement d’illuminer, de l’intérieur ce vitrail de ma vie, par la lumière de ta présence et par le feu de ton esprit de vie.
Ainsi, par ta transparence, ceux que je rencontrerai cette année, y découvriront peut-être, le visage de ton Fils bien-aimé Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen. (Gaston LECLEIR,« Rythmes et spirales vers Dieu » Editions du Moustier -1995-pg 80) Que nous réserve l’année qui vient comme rencontres et partages ?
Ce ne sera certainement pas au PIT le déploiement de festivités et d’ambiances diverses qui manqueront de nous rendre plus disponibles à l’écoute de l’autre et peut-être du Tout –Autre …
Rencontrer l’autre peut nous rendre plus heureux et plus confiants en nous-mêmes.
Rencontrer le « Tout-Autre », nous renforce dans notre spiritualité.
Le choix nous est offert sans aucune discrimination et en toute liberté !
L’important est de se sentir bien, là où nous sommes, et avec ce souci d’être le messager de paix pour laquelle notre Communauté s’est construite… Bienvenue aux nouveaux membres et bonne continuation aux anciens…

Daniel Deschrijvere

UN MOT POUR LE DIRE . . .

D’aucuns ne manqueront pas de s’interroger! Compte tenu de son évolution, ne conviendrait-il pas de nommer autrement Pacem in Terris que par «communauté», mot auquel s’ajoute immanquablement, en sous-entendu souvent, le qualificatif de «chrétienne»?
Pourtant, un fait avéré, Pacem in Terris n’échappe pas à une diminution importante de la fréquentation dominicale.
A l’une ou l’autre exception près les assemblées sont essentiellement composées de seniors.
Certes, et l’on doit s’en réjouir, les messes en familles mensuelles atténuent ce constat.
Il n’empêche que la question soulevée plus haut mérite qu’on s’y attarde en la complétant, à titre subsidiaire, par une autre en se demandant s’il ne faudrait pas comme, en quelque sorte, débaptiser ce mot de «communauté»?
A défaut de pouvoir compter sur l’assistance d’un linguiste, aidons-nous donc de quelques dictionnaires (ils seront quatre). Ils s’accordent tous sur une définition présentée par «Le Robert» comme «… groupe social dont les membres vivent ensemble ou ont des biens, des intérêts communs».
On rattachera l’un ou l‘autre de ces trois éléments à certaines catégories de communautés comme les communautés religieuses, les communautés d’actionnaires, les communautés matrimoniales ou, plus récemment sur le plan sociopolitique, les communautés urbaines.
Il n’est donc pas erroné de parler de communauté lorsqu’il s’agit de PIT.
Mais n’allons pas trop vite en besogne en voulant conclure car correspondre à la définition suppose aussi qu’on en discerne ses contours.
La communauté telle que nous l’entendons est, en raison de sa composition même, de nature fragile.
On remarquera que le projet PITAGORA a, entre autres, pour objectif d’apporter à cet égard une consolidation.
Elle commence à se construire. Il faut dès maintenant se persuader de l’impérieuse nécessité d’y arriver malgré les difficultés.
Car si une certaine hiérarchie existe dans cette communauté (ah ces casquettes, souvent multiples, coiffant certaines têtes blanches!) elle repose exclusivement sur le service rendu à l’ensemble.
Cette hiérarchie entretenue par les habitudes porte en elle sa propre faiblesse dès lors qu’elle ne suscite pas une prochaine relève. En effet, celle-ci deviendra à bref délai une condition sine qua non à la pérennité d’un groupe et plus largement de la communauté dans son ensemble.
Sans pour autant sonner le tocsin il ne faut pas se voiler la face et constater que PIT rentre de plain-pied dans ce cas de figure. Mais, nonobstant ses faiblesses, la communauté telle que nous l’aimons recèle mille et une richesses.
L’une d’elles vient spontanément sous la plume tandis que la préparation du Noël XXL 2014 commence.
On y verra une mobilisation générale, toutes tendances et opinions confondues, pour célébrer dans un coude à coude fraternel la Fête qui vient.

Claude Eugène

Mourir est un chemin quotidien…

«C’est une erreur de croire que l’on ne meurt qu’une fois. Mourir est un chemin quotidien. Sans mourir, l’homme cesserait d’être un homme. »
Jean Debruyne
La « mort » ne nous est pas étrangère dans notre vie de tous les jours.
Elle est partout, dans nos choix, comme lorsque nous quittons père et mère pour construire notre propre route; comme dans notre travail, lorsque nous pensons trouver d’autres possibilités d’embauche ; comme, dans nos relations humaines, lorsque des circonstances imprévues nous conduisent à déménager, en quittant nos amis pour en trouver d’autres…
Ces formes de mort nous enseignent que tout est recommencement et que tout est possible.
Commencer à aimer c’est commencer à mourir. La mort nous vient avec l’amour…
A l’exemple de Jésus-Christ, mourir est une tâche qu’il faut accomplir.
Nous ne sommes que de passage sur terre. Apprenons à mourir si renaître c’est laisser derrière nous tout ce que nous avons apporté de meilleur. Nous n’avons aucune expérience de la mort qui arrête le temps.
Quand survient l’heure immobile, même la personne âgée ne pourra plus dire : « de mon temps… ».
Elle est, à cet instant, aussi inexpérimentée qu’un nouveau-né.
Or, suis-je assez libre, dans l’amour, pour réaliser la mort d’un autre comme un rappel de ma propre fragilité et pour anticiper ma mort à travers celle de l’autre ?
Mourir ne serait-ce pas l’appel à sortir de soi ?
A déposer ses certitudes, à libérer cet autre soi-même que personne ne connaît encore ?
Mourir est alors le contraire de la possession, de la jalousie, de l’instant, et du coffre-fort.
Mourir ouvre une brèche dans chaque existence. Et par cette brèche fait irruption l’Inconnu : à chacun est révélé ce qu’il est.

Daniel Deschrijvere

A MOINS QUE ? ? ?

Les rodomontades politiciennes dont nous ont gratifié les mois d’été prêteraient à sourire si, comme un contraste voulu, elles ne s’inscrivaient pas comme une forme d’indécence eu égard aux conflits qui déchirent la planète.
Alors que les images diffusées par les médias en donnaient des échos quasi quotidiens.
En culminant dans la plus horrible des barbaries par les assassinats des deux journalistes américains, et du travailleur britannique (à l’heure où je rédige ce billet cette macabre énumération risquait hélas d’encore s’amplifier), ces témoignages photographiques résumaient, plus que des commentaires qui finissent par les banaliser, les drames qu’endurent les populations civiles des pays en proie à la violence des hommes.
Comme celle de cette syrienne, tenant par la main ses deux enfants s’en allant sur une route improbable d’un exil; ou celle d’une femme de la minorité yazidi d’Irak, à bout de forces, portant son fils et fuyant les djihadistes de l’Etat islamique.
Et deux autres encore l’une prise à Gaza et la seconde dans l’est de l’Ukraine, avec pour chacune, comme si l’une n’était que la copie de l’autre, l’image d’un vieillard perdu au milieu des ruines de sa maison bombardée.
Qu’en dire et que faire sinon éprouver une compassion sincère envers les victimes ?
A moins que ??? Comme ce qu’écrivait cette jeune belge à l’issue d’une expérience vécue en Israël, dans un petit village au double nom, hébreux et arabe, Neve Shalom - Wahal-al-Salam, fondé par quelques familles de ces deux communautés. Elle concluait son témoignage en affirmant que le vivre ensemble s’apprend, que chez nous aussi il n’est pas absurde de penser que ce qui nous rapproche des gens qui nous sont différents est plus important que ce qui nous sépare.   Et de prôner encore la complémentarité plutôt que l’hostilité.
Car, terminait-elle, si nous n’essayons pas, qui le fera ? Ou comme Ahmed Ben Abderrahman; hôtelier dans le centre de Bruxelles.
Depuis plus de 20 ans il héberge parmi ses clients une quarantaine de sans-abri et, à cet effet, réquisitionne d’office 18 chambres parmi les 52 que compte son établissement.
Et durant l’hiver il distribue chaque jour. 130 repas. Pourtant il ne bénéficie d’aucune aide de l’état et avoue simplement que «leur apporter me comble largement».
Et quant à nous, nous pourrions déjà par exemple, à défaut d’ouvrir nos portes, commencer par ouvrir notre cœur ?

Claude Eugène

Vivre ensemble, un défi pour notre rentrée…

Comment pourrions-nous rester insensibles à toutes les nouvelles reçues durant ces deux mois d’été ?
Le rythme de ces derniers jours de vacances nous aurait-il rendus plus attentifs à ce qui se passe dans le monde et autour de nous ? Quelle sera notre attitude face aux informations envoyées de toute part, qu’elles soient politiques, culturelles, cultuelles ou sociales ?
Chaque homme est un monde à soi ; il vit, sent, pense et réagit d’après son monde propre, dont le centre profond me demeure toujours étranger !
Les hommes se créent presque nécessairement des ruptures, frictions et collisions.
C’est seulement si je comprends que l’autre est « autre » et si je suis disposé à pardonner que « vivre ensemble » sera possible. Le vivre ensemble, c’est ce que je vous propose comme défi pour cette nouvelle année pastorale.
L’exemple frappant en ce début d’été, prouvant que tout est possible, c’est notre équipe nationale de football !
A l’image de ces jeunes joueurs, nous pouvons reprendre espoir pour notre avenir.
Cette équipe qui a rassemblé toute une population jeune et moins jeune, d’origines et de religions différentes, tous derrière ce drapeau belge que nous avons vu fleurir sur les façades comme jamais, sans doute depuis notre libération ! Nouvelle année pastorale, nouveaux défis et nouveau départ sur le chemin de la catéchèse… que nous préciserons dans les prochaines pages communes.
Nous pourrons aussi faire le bilan de nos deux ADAL, et sensibiliser davantage ce goût du partage, de la prière, de la compréhension de la Parole.
Tous les baptisés peuvent être appelés à présider de telles assemblées.
Leur apprentissage ‘sur le tas’ est nécessaire. Avec ou sans prêtre, Christ est présent là où deux ou trois s’unissent en son nom et mettent en œuvre ‘le Royaume’, une terre de liberté, d’écoute, de partage et de fraternité.
Poussé par ce désir, je vous souhaite une bonne rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle ou autres.

Daniel Deschrijvere

Confidences...

Le bulletin que vous tenez en mains n’est pas né d’hier; son histoire remonte aux origines mêmes de Pacem in Terris. Depuis le début, ses rédacteurs ont veillé à ce qu’il reflète la vie et donc les changements survenus dans l’évolution de ce groupe qu’on qualifia de «communauté», terme qui, il faut le souligner, n’a rien de religieux.
Aussi y ajoutèrent-ils souvent le qualificatif de «chrétienne». En septembre prochain il y aura déjà un an qu’est parue la nouvelle présentation du bulletin née du projet PITAGORA.
Un coup d’œil dans le rétroviseur nous révèle que ce projet commença à dessiner les contours d’un changement dans le paysage. Pour faire bref, il y eut tout le chemin parcouru qui déboucha sur ce terme pas si barbare que cela en fait. L’évolution de la société et de notre environnement devait impérativement donner une nouvelle impulsion à l’esprit de Pacem in Terris pour pérenniser l’avenir.
Et pour cela, en s’aidant des moyens techniques actuels, permettre à quiconque de trouver chez nous ce qu’il cherche, un lieu de culte pour certains, mais pour tous un lieu de rencontres, un lieu d’accueil, de dialogue et d’écoute dans le respect de nos valeurs premières.
A l’annonce du déménagement de Christian Delvaux qui s’était engagé à porter le bulletin jusqu’à son numéro de juillet 2013, une cellule «communication» fut constituée.
Elle dessina les bases d’une présentation nouvelle du bulletin qui devait fixer le cadre du projet Pitagora.
Et d’emblée il fut entendu qu’elle serait supportée par un graphisme invitant à la lecture et donc, à cet égard,qu’il serait fait appel aux compétences locales. Il faut souligner que les personnes sollicitées pour tenter l’aventure répondirent toutes par l’affirmative.
Et l’on trouva Bernard François à la conception, Annie Wisemberg à la réalisation, Marc Wattel à la mise en ligne et Jocelyne Toth comme secrétaire à la chasse aux articles et à la relance de leurs auteurs.
L’armature technique de l’équipe bulletin était ainsi constituée. Elle se compléta de Nathalie Borremans qui représente l’équipe pastorale locale, Gilbert Amerlynck l’éditeur responsable et l’auteur de ces lignes pour le conseil d’administration de l’asbl. Mais très vite l’accident de Bernard vint hypothéquer le devenir de la belle construction.
Heureusement durant la longue immobilisation du blessé, Annie put compter sur l’aide de Laurent Parisel qui étudiait précisément le logiciel choisi par Bernard et sur celle d’Eric Deschrijvere qui l’avait utilisé à titre professionnel.
C’est ainsi que, bravant tous les obstacles, sortait, comme promis, dans les temps,début septembre, le bulletin dans sa nouvelle tenue. Sachant qu’il faut toujours remettre sur le métier, il faut dire et redire que la belle robe ne suffit pas; encore faut-il que le contenu soit à l’avenant. Tous les lecteurs doivent se considérer comme étant parties prenantes.
Il faut dire et redire qu’il n’est pas la chasse gardée de quelques-uns pas plus que l’un ou l’autre ne détient le monopole de certaines rubriques. Sa diversité attendue et souhaitée dépend de vos plumes multiples qui tardent parfois à sortir de leur étui. Ces collaborations justifieront alors en outre pleinement l’étiquette de «communauté vivante» que d’aucuns nous attribuent volontiers.
Profitez donc du soleil d’été (ou de ses jours de pluie c’est selon…) pour, à votre tour, tenter l’expérience.
Et vous découvrirez une autre façon de vous mettre au service de tous.

Claude Eugène

Pas de vie chrétienne sans engagement

Tel est le titre d’un article paru dans le magazine « l’Appel » de ce mois de mai dernier.
Et l’offre des engagements et services ne manque pas, me direz-vous ! Oui, mais dans notre communauté, la population des «  engagés  » en place, commence à s’essouffler…
Ce n’est pas un essoufflement voulu, mais bien le résultat d’un âge « certain » qui commence à faire savoir (par les artères et d’autres maux) qu’une jeunesse n’est pas éternelle ! Les «  bonnes volontés  » de remplacement sont encore trop timides à se manifester, me semble t-il…
Que ce soit pour les lectures, lors des liturgies dominicales, la maintenance du bâtiment et son entretien (rappelés dans l’éditorial du mois dernier), le renouvellement prochain de l’équipe pastorale, la représentativité locale auprès de l’Unité pastorale, la réponse des candidats pour préparer une ADAL, … et j’en passe.
Soyons pour notre temps, des éducateurs spirituels qui conduisent à l’essentiel !
Aller à l’essentiel de sa foi, avec tous les défis que comporte notre mission. Nous nous posons tous, un jour ou l’autre, la question : quel est mon don, ma place, mon rôle, mon service dans la communauté que je fréquente  ?
Et nous finirons par avoir une conviction  : ce que nous ressentons - et exprimons parfois - serait un appel, une vocation  à mettre en œuvre !
Soyons attentifs les uns aux autres pour nous aider mutuellement à discerner nos dons et la place où le Seigneur nous veut. Chacun à sa place, ne cherchez pas à imiter personne, à faire comme personne.
C’est à vous qu’il appartient de trouver votre façon de servir Dieu, avec votre Eglise, dans la situation qui est la vôtre.

Daniel Deschrijvere

Devant tous, je m’engage!

La lettre de Cécile Van Geert parue dans le bulletin d’avril dernier m’interpelle.
Tourner le dos depuis un demi siècle à une vie qui s’annonçait confortable à tous égards et partir au loin, dans un hôpital africain en devenir, et y mettre son diplôme de médecin au service d’une population souffrante.
Y demeurer aussi tout en s’y engageant sans compter. Alors, toutes proportions gardées s’entend, me revient en mémoire un épisode toujours intense vécu durant mes années scoutes.
Nombreux sont ceux qui l’ont connu à leur tour. Et le vivent encore dans le scoutisme d’aujourd’hui même si, bien sûr,
ce moment privilégié a subi les liftings que les époques réclamaient.
J’évoque ici la cérémonie des Promesses. Je revois la troupe réunie qui, avant de se retirer, chantait
«Devant tous, je m’engage». Comme un sceau indélébile ce qui fut prononcé alors marquait souvent à vie.
Car l’engagement annoncé ne relevait pas d’un folklore qui deviendrait suranné avec le temps.
Il constitue toujours, bien au contraire, l’un des rouages qui rend harmonieux le «vivre ensemble» de notre environnement social. Et le bénévolat en est l’un des plus beaux outils. (Je vous invite à relire l’article que Sophie Van Stratum y a consacré dans le bulletin de mars).
Qu’en serait-il, en effet, sans les multiples engagements qui assurent le bon fonctionnement de notre maison Pacem in Terris? Les activités y foisonnent, toujours portées par un véritable courant d’amitié.
La relève prend petit à petit sa place au grand soulagement des anciens.
Mais le processus en cours ne peut s’interrompre car, étrangement, l’oubli semble frapper le secteur du bâtiment.
Les gros travaux sont en voie d’achèvement mais les tâches d’entretien subsisteront.
Ne serait-il pas souhaitable d’en décharger les têtes blanches à qui, je ne sais pourquoi, semble confié le monopole de tout ce qui concerne la maison, sa propreté et l’évacuation (souvent après tri) des déchets nés des activités?
L’équipe construction, il faut s’en persuader, devra impérativement se renforcer par des apports plus jeunes.
Les accidents de santé de certains ont considérablement réduit leurs activités tandis que sous peu d’autres,
atteints par la limite d’âge, ne bénéficieront plus de l’assurance accidents limitée à 75 ans !
Pourquoi enfin faut-il toujours «implorer» nos dames pour jouer au corps de ballet lorsque la salle requiert un nettoyage. Sauf erreur, ce ne sont pas celles qui participent aux messes dominicales qui l’ont souillée.
Pourquoi doivent-elles faire fi de leurs maux récurrents ( bien que cachés sous une allure trompeuse… )
et y aller à grands coups de serpillières ?
Pacem in Terris tient sa longévité de ses engagements multiples, intra et extra muros.
Y renoncer obligerait à se tourner vers des services extérieurs qui ne tarderaient pas à mettre en péril son existence même.
Et puis si, pressée par les circonstances, elle devait y recourir, ne perdrait elle pas une grande partie de son âme ?

Claude Eugène

En route pour la résurrection…

Pourquoi faut-il aller chercher les traces de l’avenir chez les non-croyants ?
Et pourquoi les croyants confondent-ils trop souvent leur Foi avec la mémoire de leur dogme et de leur tradition ?
Pourquoi les croyants ne trouvent-ils leur certitude que dans leurs souvenirs ?
Quand nous cesserons d’être d’ici, nos traces d’une marche en avant seront plus nécessaires pour donner le sens de la vie que la trace de nos actions passées…
Profitons de cette marche vers la résurrection pour refaire cette route vers le Très-Haut et y laisser des pas de tendresse et d’amour.
Nous avons tous, nos faiblesses et nos doutes, à chacun d’en évaluer la teneur et de demander à Dieu son aide pour que nous puissions poursuivre notre chemin vers notre résurrection et vers notre avenir.
« Mon Dieu, dis-nous qu’ il est temps de réveiller la fête, non pas les fêtes d’autrefois, celles que nous sortent les souvenirs de nos tiroirs à mémoire, mais celle qui vient de ton geste , la fête pour un avenir offert, la fête du merci pour notre Pâques à venir ! » Pâques devrait être la mort traversée !
Pour nous, ce jour-là, la mort est morte...
Que belle soit votre JOIE d’y croire !

Daniel Deschrijvere

La boulangerie était fermée…

50 ans déjà! Autrefois on n’en voyait guère dans les rues de nos villes.
Mais le 17 février 1964 d’abord, à la faveur d’une «Convention de recrutement de main-d’œuvre» signée entre la Belgique et le Maroc et quelques mois plus tard, le 16 juillet de la même année, une seconde avec la Turquie,, arrivèrent chez nous des personnes différentes par la culture et la religion.
Notre pays connaissait le plein emploi et différents secteurs de son économie avaient un besoin urgent de main-d’œuvre. Ces travailleurs s’installèrent dans des habitats souvent vétustes et, bénéficiant du regroupement familial, y firent venir femme et enfants restés au pays. Cette population se fondait dans la masse tant elle avait le souci, en n’épargnant pas sa peine, d’assurer un avenir décent à ses enfants.
Les grands chantiers bruxellois entraînèrent leur lot d’expropriations avec pour conséquence que l’immigration, marocaine essentiellement, quitta les environs de la chaussée d’Anvers et commença à grignoter les abords de Laeken.
Le vieux Molenbeek était déjà saturé, tout comme Schaerbeek et St-Josse occupées majoritairement par les ressortissants turcs. Entre-temps tous ces travailleurs avaient obtenus la nationalité belge.
Les familles, souvent nombreuses, se constituaient et devinrent plus visibles dans leurs vies quotidiennes.
Et la seconde génération qui suivit s’affirma de plus en plus dans sa «belgitude» tout en gardant plus ou moins vivantes les traditions héritées des parents. Comme tant d’entre nous, quelques uns d’entre eux éprouvèrent le besoin de quitter des quartiers encombrés et achetèrent un bien à Beauval…
Voilà pour l’historique succinctement brossé et donc très schématique. Alors interrogeons-nous, voulez-vous.
Comment réagissons-nous envers ces compatriotes, quand même un peu différents?
Une analyse objective ne pourra que conclure à un manque de distanciation que nous avons tendance à prendre face à des réflexions, trop souvent désobligeantes à leur égard.
Il faut se rendre à l’évidence: nous ne sommes pas immunisés contre le racisme ordinaire et ses amalgames, mère de toutes les dérives, qui nous collent à la peau. Il suffit de tendre l’oreille dans ce qui se dit en rue, voire même à l’occasion de l’une ou l’autre rencontre dans notre bâtiment ou ailleurs; rares sont celles durant lesquelles, à un moment ou l’autre, ne jaillissent une blague ou une remarque désobligeante, voire même injuste à l’égard de ces belges, dont les parents, voire déjà les grands-parents, répondirent, il y 50 ans à l’appel des gouvernements de l’époque et collaborèrent à notre bien être.
Dans le bulletin de janvier, Marc Scheerens évoquait dans ses vœux 5 chantiers qui se présentaient à nous et terminait par celui de la bienveillance.
Ne serait-il pas de bonne guerre de l’étendre à ceux qui en sont privés? A défaut, nous risquons fort de nous trouver dans la situation des villageois de la célèbre saynète du grand Fernand Raynaud.
Ils furent bien marris en constatant, un jour, que «l’étranger» qu’ils n’arrêtaient pas de fustiger par leurs incessantes railleries avait mis la clef sous le paillasson.
Celui qui se voyait reprocher de «bouffer le pain des français» était le seul boulanger du village…

Claude Eugène